Une cagoule taillée à la hâte dans un pantalon pattes d’eph’ou une taie d’oreiller percée de trous grossiers, une table de fortune drapée d’un drapeau, la « bandera » corse, un décor de maquis ou de salon au papier peint psychédélique. Voilà pour l’image d’Epinal des conférences clandestines du Front de libération nationale corse (FLNC). Le 5 mai 1976, l’organisation clandestine commettait sa première « nuit bleue », 22 attentats à l’explosif dans l’île, mais aussi à Nice et à Marseille visant principalement des villas appartenant à des continentaux. Le lendemain, des milliers de tracts distribués dans l’île enjoignaient « tous les patriotes corses à rejoindre » la mouvance.
Inspiré du Front de libération nationale (FLN) algérien, le mouvement adoptait un fonctionnement cloisonné. Raconter l’histoire du FLNC, c’est plonger dans ces années 1970 qui appartiennent à un autre temps. En un demi-siècle, les services de l’Etat lui imputent, sans doute de manière emphatique, environ 10 000 attentats (dont 4 500 revendiqués) et 70 homicides. Ultime structure politico-militaire active de l’Union européenne, le FLNC annonçait, le 25 juin 2014, « un processus de démilitarisation et une sortie progressive de la clandestinité », sans toutefois déposer les armes.
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