En France, le biopic consacré à Michael Jackson est sorti en salles le mercredi 22 avril. Retraçant son enfance jusqu’à l’apogée de sa carrière dans les années 1980, ponctué de séquences musicales reprenant les plus gros succès du Roi de la pop et mettant en scène son neveu dans le rôle-titre, ce film avait tout, sur le papier, pour être tout à fait appréciable. Pourtant, les critiques négatives pleuvent depuis sa sortie, relate le magazine américain Fast Company.
Sur l’agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film Michael, réalisé par Antoine Fuqua, a obtenu le triste score de 34%. Un échec cuisant, donc. Il est pourtant bien parti pour dominer le box-office. Pour son premier week-end d’exploitation, les recettes attendues s’élèvent à plus de 65 millions de dollars (environ 55,6 millions d’euros). Il s’agit d’un démarrage record pour un biopic musical, éclipsant Straight Outta Compton sur le groupe NWA, qui avait généré 60 millions de dollars à sa sortie en 2015. Mais alors, qu’est-ce que le public reproche au film?
Redorer une image sérieusement ternie
Les critiques se cristallisent principalement autour du fait que le film passe sous silence les aspects les plus controversés de la vie du chanteur. Michael Jackson a notamment fait l’objet d’accusations d’agressions sexuelles sur mineurs en 1993, une affaire qui a de nouveau été évoquée après la diffusion du documentaire Leaving Neverland en 2019.
Bien qu’il ait été acquitté lors de son unique procès pénal en 2005, sa réputation est durablement restée affectée jusqu’à sa mort, survenue quatre ans plus tard, le 25 juin 2009. Certains reprochent même au film de chercher à redorer l’image du chanteur de manière délibérée.
Les défenseurs du long-métrage rappellent que son récit s’arrête en 1987, avant les accusations visant Michael Jackson, ce qui expliquerait assez logiquement leur absence. Ses détracteurs expliquent, eux, que c’est précisément ce choix qui pose problème. À l’origine, le film devait inclure une troisième partie consacrée aux accusations et à leurs conséquences, mais celle-ci a été supprimée.
Cette décision ferait en fait suite à la découverte, par les avocats de la succession du chanteur, producteurs de Michael, d’une clause juridique issue d’un accord avec Jordan Chandler, l’un des accusateurs. Cette dernière interdit toute mention de la victime. Le film a donc été largement remanié, avec plusieurs semaines de tournage supplémentaires et une fin réécrite, ajoutant 15 millions de dollars au budget initial.
Au-delà de la controverse, les critiques jugent aussi le long-métrage d’Antoine Fuqua de piètre qualité. Ils le décrivent comme ennuyeux, plat et superficiel, estimant que les cinéastes derrière le film n’ont pas réussi à donner de profondeur aux personnages. Un trait commun à de nombreux biopics musicaux, très nombreux ces dernières années, qui séduisent pourtant souvent le grand public. Michael illustre cependant bien les limites du genre: en cherchant à préserver la légende, ils simplifient à outrance des figures complexes et en font des coquilles vides.
Source:
www.slate.fr
