Ils dansent pour protester contre la politique répressive de l’État à l’égard des free parties. Entre 17 000 et 40 000 personnes participaient, dimanche 3 mai, à ce rassemblement illégal qui se déroule depuis vendredi sans incident majeur sur un terrain militaire près de Bourges. De premiers fêtards ont commencé à quitter les lieux, bien qu’aucune date officielle n’a été communiquée pour la fin de l’événement, ont indiqué des participants.
Les autorités alertent depuis le début de l’événement sur la dangerosité du champ de tir de la direction générale de l’armement (DGA), investi par les teufeurs. Samedi soir, les forces de l’ordre et des démineurs de la DGA sont intervenus après la découverte d’un obus « en bordure du site du Teknival », selon la préfecture du Cher.
Selon cette dernière, 17 000 personnes étaient encore présentes dimanche à 7 h 30 sur le site, « après un recomptage précis ». Les autorités avaient jusqu’alors cité le chiffre d’environ 20 000 personnes. Contacté par l’AFP, Tekno Anti Rep, un collectif de soutien aux free parties présent sur place, estimait le nombre de festivaliers « entre 35 000 et 40 000 » samedi soir.
« Il y aura sûrement quelques départs aujourd’hui pour ceux qui travaillent demain (lundi) mais le gros des participants n’est pas prêt de partir », estime un autre participant, ingénieur venu du sud de la France, joint par téléphone.
Une fête pour protester contre la politique répressive de l’État
Selon ce collectif, les organisateurs ont délibérément choisi ce champ de tir militaire proche de Bourges, ville natale du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, pour protester contre la politique répressive de l’État à l’égard des free parties et une proposition de loi très restrictive en cours d’examen au Parlement.
Venu sur place dimanche en fin de matinée, Laurent Nunez a assuré que « cette revendication ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ce type d’organisation sauvage que nos concitoyens ne comprennent pas. »
Il a pu s’entretenir avec des membres du dispositif de secours déployé pour encadrer ce rassemblement, qui comprend quelque 600 gendarmes répartis sur 14 points de contrôle. Quarante-cinq pompiers et 30 secouristes de la protection civile sont aussi postés près du Teknival.
Selon le bilan de la préfecture dimanche matin, 54 personnes ont été prises en charge par les services de secours depuis le début de l’événement.
Laurent Nunez a également assuré dimanche que « tous ceux qui sortent de ce Teknival » seraient « verbalisés à double titre », pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement illégal.
Depuis le début de la free party, les autorités insistent sur le danger présenté par la présence de munitions non explosées dans certaines zones du champ de tir, utilisé depuis plus d’un siècle.
Sur leurs réseaux sociaux, les organisateurs du Teknival relayent ces appels à la prudence via des pictogrammes appelant les teufeurs à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d’objets.
Avec AFP
Source:
www.france24.com
