La Nasa se prépare à envoyer des astronautes sur la Lune, 50 ans après la dernière présence humaine. C’est le programme Artemis. La mission Artemis II, qui s’est déroulée début avril, a vu quatre astronautes survoler la Lune. Mais il faudra attendre la mission Artemis IV pour qu’ils posent le pied sur la surface, ce qui n’aura pas lieu avant au moins 2028. Pour cela, l’agence spatiale américaine aura besoin d’atterrisseurs lunaires, ou plutôt d’alunisseurs.
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La Nasa fait appel au secteur privé, avec notamment SpaceX d’Elon Musk et son Starship HLS (Human Landing System). Mais en parallèle elle travaille avec Blue Origin, l’entreprise de Jeff Bezos, pour développer son alunisseur Blue Moon. Aucun des deux n’est encore prêt. Le but est de pouvoir tester l’un ou l’autre, voire les deux selon leur avancement, lors de la mission Artemis III vers la fin de 2027. Celle-ci se déroulera dans l’orbite terrestre.

Le prototype Mark 1 lors du test dans la chambre A du centre spatial Johnson. © Nasa
Un duel de géants du privé
C’est donc une véritable course contre la montre qui se déroule au sein des deux entreprises privées et l’alunisseur de Blue Origin vient de passer une étape importante. Son prototype Mark 1, aussi connu sous le nom Endurance, vient de passer des tests extrêmes dans la chambre A du centre spatial Johnson, une immense cuve à vide thermique qui simule le froid et le vide spatial. Cette série de tests a permis de vérifier l’intégrité structurelle et thermique de l’appareil.

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L’alunisseur de Blue Origin devrait effectuer une première mission avant Artemis III. « Endurance fera la démonstration de l’atterrissage de précision, de la propulsion cryogénique ainsi que des capacités autonomes de guidage, de navigation et de contrôle, en soutien aux futures opérations à la surface de la Lune », indique la Nasa. Il transportera aussi deux charges scientifiques dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS), qu’il déposera au Pôle Sud de la Lune. La première est un ensemble de caméras stéréoscopiques (SCALPSS) pour étudier l’interaction entre le panache du moteur de l’alunisseur et la surface lunaire. La seconde est le Laser Retroreflective Array (LRA), un système de réflecteurs passifs qui réfléchissent les lasers émis par les appareils en orbite pour leur permettre de se localiser plus précisément.
Le défi du lanceur New Glenn
Le lancement du Mark 1 s’effectuera à bord du lanceur lourd New Glenn. Blue Origin a réussi son troisième lancement et la première réutilisation du lanceur le mois dernier, suivi de son atterrissage. Toutefois, la mission s’est achevée en demi-teinte. Le vaisseau n’a cependant pas réussi à placer le satellite BlueBird 7 dans l’orbite prévue, obligeant son propriétaire, AST SpaceMobile, à le détruire.
Ce premier prototype n’a pas été conçu pour transporter des humains. Les leçons tirées du Mark 1 serviront à concevoir le Mark 2, un alunisseur plus grand, qui servira à emmener des astronautes sur la Lune, puis les ramener en orbite. Reste à voir si New Glenn parviendra à lancer le Mark 1 en orbite correctement. Quant au Mark 2, compte tenu de son gabarit, ce sera une autre paire de manches. Mais Blue Origin n’a pas de temps à perdre si elle espère encore faire partie de la mission Artemis III.
Source:
www.futura-sciences.com
