Dans les falaises de la péninsule de Gower, au sud du Pays de Galles, la grotte de Bacon Hole pourrait abriter un témoignage exceptionnel de l’art préhistorique britannique. Des chercheurs estiment en effet que des traces rouges visibles sur ses parois ont été réalisées par des humains il y a près de 17 000 ans, ce qui en ferait les plus anciennes peintures rupestres connues de Grande-Bretagne.
Pendant des millénaires, des silhouettes dansantes ont été tracées sur les parois rocheuses d’Afrique australe. Longtemps perçues comme de simples scènes de vie, ces peintures livrent aujourd’hui un message bien plus profond. Une nouvelle analyse montre que certaines de ces chorégraphies ancestrales pourraient avoir servi à provoquer des états de conscience modifiés, offrant un éclairage inédit sur la spiritualité et les rituels des anciens San…. Lire la suite
Ces marques ne sont pourtant pas une découverte récente. Elles avaient été signalées dès 1912 par le géologue William Sollas et le préhistorien Henri Breuil, qui y voyaient déjà des manifestations d’art paléolithique. À l’époque, leur interprétation avait toutefois suscité de vives contestations. De nombreux spécialistes considéraient alors qu’il s’agissait simplement de dépôts minéraux naturels colorant la roche. Avec le temps, l’affaire est progressivement tombée dans l’oubli.

Longtemps considérées comme de simples dépôts naturels, ces traces rouges de la grotte de Bacon Hole pourraient constituer les plus anciennes peintures rupestres connues de Grande-Bretagne. © Quaternary (2026).
Une enquête scientifique menée dans la grotte
Plus d’un siècle plus tard, une équipe internationale a décidé de reprendre le dossier. Entre 2022 et 2024, plusieurs campagnes d’étude ont été menées dans la grotte afin de déterminer l’origine exacte de ces traces rouges.
Les chercheurs ont d’abord réalisé une analyse détaillée des parois grâce à des photographies haute résolution et à un outil de traitement numérique des images appelé D-Stretch, couramment utilisé en archéologie pour révéler des motifs peu visibles à l’œil nu. Des prélèvements microscopiques ont ensuite été étudiés en laboratoire à l’aide de techniques spectroscopiques permettant d’identifier précisément la composition chimique du pigment.

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Les résultats suggèrent que la substance rouge n’est pas issue d’un phénomène géologique naturel. Elle correspondrait à de l’hématite, un oxyde de fer fréquemment utilisé comme pigment par les populations préhistoriques. Les chercheurs ont également identifié des indices compatibles avec une application volontaire de la peinture, notamment des traces évoquant des empreintes de doigts et des projections de pigment.
Un âge encore débattu
Pour tenter de dater ces peintures, une seconde équipe s’est intéressée à la fine croûte de calcite blanche qui s’est formée au fil du temps au-dessus des marques rouges. Grâce à la méthode uranium-thorium, les scientifiques ont pu estimer l’âge minimal de cette couche et donc celui de la peinture qu’elle recouvre.
L’un des échantillons analysés indique que la calcite s’est déposée il y a environ 17 000 ans, ce qui placerait la réalisation des peintures à une époque correspondant à la fin du Paléolithique supérieur. D’autres prélèvements ont cependant livré des dates beaucoup plus récentes. Les auteurs de l’étude avancent que des infiltrations d’eau ont pu provoquer la formation de nouvelles couches de calcite au cours des millénaires, compliquant l’interprétation des résultats.

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Si les analyses semblent désormais conforter l’origine humaine des marques, la question de leur âge exact reste donc ouverte. Les chercheurs appellent à la prudence et soulignent qu’une seule datation ancienne ne suffit pas encore à établir définitivement la chronologie de l’œuvre. Mais si cette estimation venait à être confirmée, Bacon Hole pourrait bien offrir le plus ancien exemple connu d’art rupestre en Grande-Bretagne.
Source:
www.futura-sciences.com

