Un dialogue rétabli malgré le conflit
La Belgique et le Rwanda ont annoncé, le 22 septembre, le rétablissement de leurs relations diplomatiques. La décision intervient alors que leurs désaccords sur la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo demeurent. Pour Bruxelles, reprendre contact avec Kigali doit permettre de discuter directement de ces divergences et de contribuer aux efforts de médiation. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, affirme que son pays continuera à défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Cette position figure dans la déclaration officielle du SPF Affaires étrangères.
Ce que Bruxelles peut obtenir
Le rétablissement des relations offre à la Belgique un canal régulier pour parler au Rwanda, mais il ne règle pas à lui seul la question centrale : la présence de l’AFC/M23 dans l’est congolais et le sort des populations vivant dans les territoires qu’il contrôle. L’ONU constatait encore en juin des combats et la mise en place d’administrations parallèles par la coalition rebelle. La portée de la décision belge dépendra donc de ce que le dialogue permettra de vérifier et de faire appliquer sur le terrain, notamment dans les processus de paix de Doha et de Washington. Le bilan présenté par la mission de l’ONU donne la mesure de cet écart entre diplomatie et réalité militaire.
La question politique pour la Belgique
La reprise du dialogue sera jugée sur des résultats concrets : recul des hostilités, accès humanitaire, protection des civils et engagements effectivement respectés. Elle place aussi Bruxelles devant une exigence de clarté. Expliquer ce que la Belgique demande à Kigali, et comment elle entend suivre ces demandes, sera essentiel pour que cette ouverture diplomatique soit comprise à Kinshasa comme à Bruxelles.

