La décision de Canal+ de ne plus travailler avec les 600 signataires d’une tribune anti-Bolloré publiée dans Libération le 11 mai a jeté un vent glacial sur la Croisette du Festival de Cannes, dimanche 17 mai, et a ajouté des nouvelles incertitudes à un secteur confronté à de croissantes difficultés financières. Seule bonne nouvelle, la fréquentation en salle a repris des couleurs en France et enregistré un bond d’environ 19 %, à 62,7 millions d’entrées, entre le 1er janvier et fin avril. « Signe que dès qu’une offre variée est proposée à l’écran, les spectateurs sont là », se réjouit Anne Flamant, directrice média et digital de la banque Neuflize OBC, au générique d’une trentaine de films présentés au 79e Festival de Cannes, qui se tient du 12 au 23 mai. Optimiste, elle parie sur plus de 180 millions d’entrées en 2026, soit une hausse de 14,8 % par rapport aux 156,8 millions enregistrées en 2025. Son confrère Henri de Roquemaurel, directeur du pôle image et médias de BNP Paribas, présent dans 33 films sélectionnés, table même sur plus de 185 millions d’entrées. Du mieux, certes, mais cela reste bien loin des 213 millions atteints en 2019 avant la pandémie de Covid-19. Si les paillettes cannoises scintillent, le cinéma revient de loin. Le secteur, encore fragilisé, se remet à peine des années Covid-19.
« Au quotidien, les problèmes des producteurs pour financer leurs films ont tendance à s’aggraver », constate Silvia Laj, directrice générale de Coficiné, un établissement de crédit de la banque Natixis spécialisé dans le financement des films. « J’ai toujours entendu les producteurs crier au loup, mais aujourd’hui la situation devient réellement plus préoccupante pour la production indépendante », affirme-t-elle.
Il vous reste 74.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr

