Défense de photographier quoi que ce soit sans accord, même l’entrée. Des agents de sécurité filtrent les allées et venues à Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), non loin du Havre. Un dédale de tuyauteries et de réservoirs se présente à nous, avec des rues et des navettes pour circuler parmi les 360 hectares du site : celui de la plus grande des six raffineries de pétrole encore en activité en France métropolitaine, la plateforme Normandie, de TotalEnergies, qui inclut aussi, de l’autre côté de la route, un complexe pétrochimique.
Un site stratégique pour l’« approvisionnement énergétique du pays », souligne David Marion, rencontré fin mars, lors de ses derniers jours en tant que directeur. Le pétrole brut y est livré par navires-citernes (tankers), puis transformé en divers produits, suivant la température de distillation. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2024, les importations françaises de brut provenaient d’Amérique du Nord à 23 %, d’Afrique subsaharienne à 21 %, et d’Afrique du Nord à 17 %.
La guerre au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d’Ormuz et les craintes de pénurie en carburants ont rappelé que la France importe non seulement la quasi-intégralité de sa consommation en pétrole brut (plus de 99 %), mais aussi une part considérable de produits déjà raffinés à l’étranger. Soit 9 % de ses besoins en essence sans plomb, 17 % de ceux en kérosène et surtout 50 % de ceux en gazole, c’est-à-dire en diesel, selon les données 2025 agrégées par le Comité professionnel du pétrole.
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Source:
www.lemonde.fr
