Congrès du RN à Orléans : des sociétés de journalistes défendent le libre exercice de la presse

La mise en cause du traitement réservé à des journalistes lors du congrès du Rassemblement national à Orléans a suscité une réaction collective rare dans le monde des rédactions. Plus de quarante sociétés de journalistes, parmi lesquelles la SDJ de Libération, ont dénoncé les conditions dans lesquelles des confrères et consœurs de Mediapart et de Politis ont été traités pendant l’événement organisé ce week-end par le parti d’extrême droite.

Le message porté par ces représentants de rédactions tient en une exigence centrale : « La presse doit pouvoir travailler librement ». Cette prise de position vise à rappeler que la couverture d’un congrès politique relève du travail ordinaire des journalistes, y compris lorsque les questions posées ou les angles choisis déplaisent aux responsables d’un parti. La présence des médias dans ce type de rendez-vous permet de documenter les discours, les stratégies et les rapports de force qui structurent la vie publique.

Les sociétés de journalistes occupent une place particulière dans les rédactions : elles défendent l’indépendance éditoriale, les conditions d’exercice du métier et les garanties nécessaires à l’information du public. Leur mobilisation commune donne à l’épisode une portée qui dépasse les titres directement concernés. Dans un contexte où les relations entre formations politiques et médias peuvent être tendues, la protection du journalisme sur le terrain constitue un enjeu démocratique concret, et non une simple question interne à la profession.

Le congrès du RN à Orléans s’inscrivait dans un moment important pour le parti, dont les rassemblements attirent une forte attention médiatique. Les rédactions concernées demandent que les journalistes puissent y exercer leur mission sans entrave ni intimidation. La liberté de la presse ne se limite pas à l’accès aux conférences de presse ou aux déclarations officielles : elle suppose aussi la possibilité d’observer, d’interroger et de rendre compte de manière indépendante des événements politiques ouverts à la couverture médiatique.

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Par Samuel Dervaux

Samuel Dervaux est journaliste seychellois, spécialiste des enjeux climatiques, des politiques maritimes et des transformations géopolitiques de l’océan Indien.