En Suede la droite precipite la normalisation de lextreme droite

La confusion dans son regard laisse à penser que le chef de file des Démocrates de Suède (SD, extrême droite), Jimmie Akesson, ne s’attendait pas au revirement soudain des Libéraux. En novembre 2025, ce dernier parti avait décidé qu’il continuerait de refuser de gouverner avec les SD. Dans un message sur Twitter en février 2021, Simona Mohamsson, qui prendra la tête de la formation quatre ans plus tard, décrivait encore Jimmie Akesson comme « un leader de parti raciste, à la tête d’un parti raciste [qui] dit des choses racistes sur sa politique raciste ».

Mais ce 13 mars, le ton a changé : les Libéraux, annonce-t-elle, sont prêts à faire entrer les SD au gouvernement après les élections prévues le 13 septembre. Car le parti d’origine néonazie, affirme-t-elle, « a changé ». Et, comme pour convaincre ceux qui en douteraient, elle prend Jimmie Akesson dans ses bras, illustrant la normalisation de l’extrême droite en Suède.

Pour comprendre le virage qui s’est produit dans le royaume scandinave ces dernières années, il est bon de se souvenir d’une autre image, datant du 15 septembre 1991, qui a elle aussi marqué l’histoire de la vie politique suédoise. Ce jour-là, le parti populiste anti-immigration Ny Demokrati (Nouvelle démocratie) fait son entrée au Parlement à Stockholm. Auréolés de leur succès, ses deux dirigeants se précipitent sur le plateau de la chaîne SVT, où sont rassemblés les chefs de file de la droite traditionnelle. Bengt Westerberg, le leader du Parti libéral, se lève et quitte le studio en signe de protestation.

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Source:

www.lemonde.fr