Eugenie Bastié de CNews recrutée sur France 2 : son arrivée sur le service public dérange, ses collègues n’en veulent pas et le font savoir

À moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2027, France 2 prépare activement son dispositif politique. La chaîne publique planche notamment sur une nouvelle émission intitulée L’Heure de vérité, destinée à interroger les futurs candidats à la magistrature suprême. Mais avant même que les contours du programme soient officiellement arrêtés, c’est le nom des chroniqueurs pressentis qui a fuité dans la presse et sur les réseaux sociaux, provoquant une vive réaction en interne. 

La Société des journalistes de France Télévisions, ainsi que l’ensemble de la rédaction, a publié un communiqué pour contester fermement ces choix, au nom d’un principe qu’ils entendent défendre : « l’information n’est pas une opinion ». Parmi les noms qui posent problème, celui d’Eugénie Bastié, éditorialiste connue pour ses positions conservatrices selon le communiqué, concentre l’essentiel des critiques.

Qui est Eugénie Bastié, la recrue qui fait polémique ?

Née le 18 novembre 1991 à Toulouse, Eugénie Bastié est diplômée de Sciences Po Paris et titulaire d’une maîtrise de philosophie de la Sorbonne. Elle débute sa carrière en collaborant au magazine Causeur, sous le parrainage d’Élisabeth Lévy et de Natacha Polony, avant de rejoindre le FigaroVox, puis d’être embauchée au Figaro en 2015. 

En juillet 2020, elle est recrutée par CNews en tant qu’éditorialiste. À partir de mai 2021, elle anime sa propre émission, Place aux idées, et rejoint ensuite Face à l’info aux côtés de Christine Kelly. Depuis 2022, elle tient également une chronique hebdomadaire sur Europe 1. Elle est par ailleurs l’auteure de plusieurs essais, dont Adieu Mademoiselle (2016), Le Porc émissaire (2018), La Guerre des idées (2021) et La Dictature des ressentis (2023).

Sans être ouvertement affiliée à un parti politique, son parcours et ses prises de position sont jugés réactionnaires et proches de la droite conservatrice française. C’est précisément ce positionnement éditorial assumé qui cristallise les tensions au sein de la rédaction de France Télévisions.

Un communiqué sans ambiguïté, des griefs multiples

La SDJ et la rédaction de France Télévisions ne mâchent pas leurs mots. Dans leur communiqué, ils contestent la présence d’Eugénie Bastié au motif qu’elle est une « polémiste, identifiée pour ses idées très conservatrices et souverainistes », qui « revendique clairement ses opinions dans ses éditoriaux et sur ses réseaux sociaux, en les soutenant de façon militante ». 

Pour les signataires, cette posture est incompatible avec la mission d’une émission de service public censée « éclairer les choix des électeurs », dans laquelle les journalistes doivent « nourrir et animer le débat sur la base d’informations vérifiées, de données et de chiffres issus de sources légitimes et crédibles ». 

Mais lea SDJ va plus loin, en soulevant une contradiction qu’il juge particulièrement malvenue : il lui « paraît regrettable de rémunérer une chroniqueuse qui attaque constamment l’audiovisuel public, multiplie les publications dénigrant Radio France et France Télévisions, tout en réclamant une réduction de leurs moyens ». 

Le communiqué pointe également le cas de Marc-Olivier Fogiel, dont le nom circule également, non pas en raison de son travail, mais en raison d’un potentiel conflit d’intérêts, l’animateur officiant sur RTL tout en ayant évoqué une possible participation aux émissions politiques de M6. Enfin, la question budgétaire est clairement posée : dans un contexte de réduction drastique des dotations de France TV par le gouvernement, la rédaction dit ne pas comprendre que la direction « débauche des personnalités extérieures, alors que les talents existent en interne », et que le service politique vient précisément d’être reconfiguré en vue de 2027.

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Source:

www.public.fr