Bruxelles – L’économie européenne est confrontée à une convergence sans précédent de chocs externes et de défis structurels, décrits par la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, comme une «tempête géopolitique» désastreuse qui menace de quitter le continent derrière. Son avertissement urgent intervient au milieu des principaux négociations commerciales clés, en escalade de l’espionnage géoéconomique et des négociations budgétaires internes cruciales suspendues dans la balance.
Les modèles traditionnels qui ont guidé la prospérité de l’Europe échouent de plus en plus à une époque définie par les tarifs américains, les conflits géopolitiques et l’intégration économique approfondie de rivaux comme la Chine. Lagarde, dans une récente allocution, a souligné la menace de désindustrialisation et a exigé que les dirigeants européens agissent «de toute urgence et de manière décisive» pour assurer l’avenir de la zone euro.
Le nouveau champ de bataille géoéconomique
La nouvelle menace la plus insidieuse est peut-être l’avantage asymétrique acquis par les rivaux stratégiques. Les rapports indiquent que l’Europe est considérablement à la traîne dans l’intelligence économique, en particulier concernant la Chine.
La direction chinoise utiliserait de nouvelles restrictions d’exportation, telles que celles sur les terres rares et les aimants permanents, comme mécanisme pour collecter des données granulaires sur les entreprises européennes. En obligeant les entreprises occidentales à remettre des informations sensibles sur les fournisseurs, les processus techniques et les utilisateurs finaux pour sécuriser les approbations des exportations, Pékin gagne une carte détaillée des vulnérabilités européennes des entreprises et des points d’étrue de la chaîne d’approvisionnement.
Les experts appellent les décideurs européens à combler cette lacune en créant un cadre juridique pour que les entreprises partagent des données sensibles avec leurs propres gouvernements. L’argument est clair: dans cette nouvelle ère de sécurité économique, les entreprises devraient trouver plus sûres de partager des informations avec les autorités nationales qu’avec le Parti communiste chinois.
Commerce au point mort et frottement interne
Tout en faisant face à ces pressions externes, l’agenda commercial de l’UE reste lourd d’obstacles. Les négociations pour l’accord crucial de libre-échange indien-UE (ALE) sont en cours, avec des questions importantes à résoudre. Malgré un intérêt géopolitique partagé pour conclure le pacte, les divergences persistent, notamment dans des secteurs clés comme les automobiles et les produits agricoles. Les équipes de négociation travaillent à réaliser un ensemble commercial «significatif» d’ici la fin de l’année, qui vise à diversifier le commerce et à créer des niveaux plus élevés d’investissement direct étranger (IDE).
En interne, les ambitions de l’Europe sont confrontées à des vents contraires politiques. Les principaux blocs politiques au Parlement européen seraient prêts à bloquer un élément clé de la proposition budgétaire de la Commission. Cette friction politique menace de jeter une ombre sur le calendrier ambitieux pour accepter le prochain budget à long terme de l’UE, risquant un revers sévère pour les investissements stratégiques futurs.
La résilience et la voie à suivre
Malgré les vents contraires, le bloc possède un instrument massif pour la résilience: Nextgenerationu. Cet ensemble de relance de 648 milliards d’euros, financé par des prêts et des subventions, continue de sous-tendre la reprise de l’Europe et les changements structurels à long terme. Il dirige des investissements massifs vers les transitions vertes et numériques, favorisant l’innovation et stimulant la résilience économique, sociale et institutionnelle entre les États membres.
La voie à venir pour l’économie européenne nécessite une vision claire de sa nouvelle réalité géopolitique. Les mois à venir testeront si les dirigeants européens peuvent traduire des avertissements urgents dans l’action déterminée et unie nécessaire pour garantir son avenir économique et éviter d’être laissé dans un ordre mondial de remontage rapide.
Vous pouvez regarder une analyse de l’adresse du président de la BCE dans cette vidéo: l’avertissement urgent de Christine Lagarde: la tempête économique de l’Europe.
