Faconner lavenir de lIrak la vision de M Jawad al‑Bolani

Par l’ancien ministre de l’Intérieur, M. Jawad al-Bolani (député de la commission parlementaire de la sécurité et de la défense)

Le pays est actuellement confronté à un certain nombre de défis politiques, économiques et administratifs qui nécessitent une nouvelle approche de la gouvernance. Compte tenu de cette réalité, il devient impératif pour les forces nationales de réfléchir en profondeur à la forme et à la nature du prochain gouvernement, afin d’assurer la stabilité politique, d’atteindre les objectifs de développement de l’État et de renforcer la confiance des citoyens dans ses institutions.

La prochaine phase nécessite la formation d’un gouvernement véritablement politique, capable de prendre des décisions et de mettre en œuvre des politiques publiques de manière efficace et responsable. Le cabinet doit être composé de personnalités politiques influentes possédant une expérience établie dans l’administration publique, capables de représenter leurs composantes nationales respectives de manière responsable et équilibrée, et bénéficiant d’une acceptation nationale, régionale et internationale.

Afin de renforcer le principe de partenariat national, il est crucial que le gouvernement comprenne des personnalités politiques des partis politiques chiites, sunnites et kurdes, ainsi que d’autres groupes irakiens respectés, qui possèdent la compétence et la capacité de gérer les leviers du pouvoir exécutif, reflétant ainsi la diversité politique et sociale du pays. La présence de telles personnalités contribue à garantir une position nationale unifiée et renforce la capacité à relever les défis internes et externes.

Il est également préférable que le gouvernement soit composé d’individus non liés à des ambitions électorales immédiates et qu’ils ne se présentent pas aux prochaines élections. Cela garantit l’indépendance du processus décisionnel exécutif et permet au gouvernement de concentrer ses efforts sur le service de l’État et de ses citoyens, sans aucune considération électorale susceptible d’influencer les performances ou l’impartialité des institutions publiques. La non-participation du gouvernement aux prochaines élections n’est pas une simple formalité, mais un choix stratégique visant à sauvegarder l’indépendance du processus décisionnel exécutif et à garantir que l’attention des ministres se concentre uniquement sur les questions nationales, et non sur les calculs électoraux ou les alliances politiques.

L’objectif fondamental de ce principe est de permettre au gouvernement de prendre des décisions courageuses et audacieuses qui servent les meilleurs intérêts du pays, sans hésitation ni crainte d’impacter l’avenir électoral de l’un de ses membres. Un gouvernement non impliqué dans la compétition électorale sera plus à même d’agir librement et de prendre de véritables mesures de réforme sans céder aux pressions ou au favoritisme.

Le succès de la prochaine phase nécessite également un Premier ministre qui croit au travail d’équipe, travaille au sein d’une équipe diversifiée et utilise un organe consultatif politique représentant diverses composantes pour assurer l’équilibre, la stabilité et renforcer le partenariat national.

L’Irak a aujourd’hui besoin d’un gouvernement fort et responsable, capable de construire un consensus politique stable et de mettre en œuvre un programme gouvernemental clair qui réponde aux priorités de cette phase et place l’intérêt national avant tout. Un tel gouvernement sera capable de conduire le pays vers une phase plus stable et plus équilibrée, de faire face aux défis accumulés et de les transformer en véritables opportunités de développement.

Publié à l’origine dans The European Times.

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