Gianni Infantino dirige la FIFA depuis une décennie et il ne compte pas s’arrêter tout de suite. Le dirigeant italo-suisse de 56 ans a annoncé, jeudi 30 avril, à l’occasion du 76ᵉ congrès de l’instance à Vancouver (Canada), qu’il briguait un nouveau mandat à la tête de la Fédération internationale de football association.
Gianni Infantino a été élu une première fois en 2016, puis réélu en 2019 et en 2023. Selon les statuts de la FIFA, son président ne peut effectuer plus de trois mandats. Mais il a été officiellement acté que son premier mandat, ayant commencé après la chute de son prédécesseur Sepp Blatter pour des accusations de corruption, était « incomplet » ; il n’entre donc pas dans le calcul de la limitation.
Le 77ᵉ Congrès de la FIFA, au cours duquel les 211 pays membres éliront leur prochain président, se tiendra le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. M. Infantino a déjà reçu le soutien des représentants des Confédérations africaine (54), asiatique (47) et sud-américaine (10). En cas de reconduction, il occuperait le poste jusqu’en 2031.
De nombreuses controverses
Sa présidence a été confrontée à de nombreuses controverses, qui se sont renforcées ces derniers mois en raison de ses liens étroits avec Donald Trump. Il a notamment remis au président des Etats-Unis le premier « Prix FIFA pour la paix », fin 2025, ce qui lui a valu une plainte de l’ONG britannique FairSquare auprès de la commission d’éthique de l’instance, l’accusant de bafouer le « devoir de neutralité ».
Le dirigeant a également essuyé des critiques pour l’élargissement de la Coupe du monde masculine de 32 à 48 équipes, à partir de l’édition 2026, prévue aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, du 11 juin au 19 juillet.
Mais il peut en revanche se prévaloir d’avoir augmenté sensiblement les recettes de la FIFA, évaluées à 13 milliards de dollars, à l’issue du cycle de quatre ans qui s’achèvera après le Mondial cet été. Pour le cycle 2027-2030, l’instance s’est engagée à distribuer environ 2,7 milliards de dollars à ses membres, soit huit fois plus qu’il y a dix ans.
« Bien entendu l’Iran jouera aux Etats-Unis »
En ouverture du congrès de Vancouver, Gianni Infantino a également réaffirmé « sans ambiguïté » que l’Iran participera bien à la Coupe du monde masculine en Amérique du Nord. « Bien entendu l’Iran jouera aux Etats-Unis », a-t-il ajouté. « Si Gianni l’a dit, alors je suis OK, a réagi Donald Trump, un peu plus tard, depuis le bureau Ovale. Je lui ai dit : “Fais ce que tu veux. Tu peux les avoir. Tu n’es pas obligé de les avoir.” »
D’après le calendrier officiel, la Tim-e melli-e doit disputer ses trois rencontres de la phase de groupes dans le pays, avec lequel Téhéran est en guerre : à Los Angeles, en Califirnie, contre la Nouvelle-Zélande, le 15 juin, et la Belgique, le 21 ; puis à Seattle, dans l’Etat de Washington, face à l’Egypte, le 26 juin. Le camp de base de la sélection est censé être situé à Tucson, en Arizona.
Newsletter
« Sport »
Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-mail chaque samedi
S’inscrire
Le Monde Guides d’achat
Cadenas de vélo
Les meilleurs cadenas de vélo
Lire
Newsletter
« Sport »
Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-mail chaque samedi
S’inscrire
Au début du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, le pays avait évoqué un « boycott » de la compétition, avant de demander en vain à la FIFA de déplacer ses rencontres au Mexique, un des coorganisateurs.
En dépit du ton assuré de Gianni Infantino, sa présence semble encore incertaine. Les dirigeants de la Fédération de football de la République islamique (FFIRI) ont en effet dû annuler leur participation au congrès de mercredi.
Son président, Mehdi Taj, et son secrétaire général sont ainsi « repartis en Turquie par le premier vol disponible », a précise la FFIRI dans un communiqué, cité par les médias iraniens. Le texte invoque un comportement insultant de la police de l’immigration à leur arrivée à l’aéroport de Toronto, où ils faisaient escale.
M. Taj est un ex-membre des gardiens de la révolution iranienne (GRI), le bras armé idéologique du régime, que le Canada considère comme groupe terroriste depuis 2024. Le patron de la FFIRI n’avait déjà pas obtenu les autorisations nécessaires des Etats-Unis pour se rendre au tirage au sort de la Coupe du monde à Washington, DC, en décembre 2025. Les GRI ont été placés sur liste noire du pays en 2019, lors du premier mandat de Donald Trump à la Maison Blanche.
Source:
www.lemonde.fr
