Dans une tribune publiée le 4 juin 2026 dans le quotidien économique britannique Financial Times, Javier Milei soulignait son attachement à une « IA non réglementée », afin qu’elle puisse « se développer librement, sans la main mortelle d’une régulation prématurée et mal comprise ». Il disait aussi son intention d’introduire, via un projet de loi déposé fin mai au Parlement, « une nouvelle catégorie de société dans le droit argentin : la société non humaine », autrement dit « des entités exploitées par des agents d’IA ou des robots ».
Des actionnaires humains « peuvent participer, mais ce n’est pas obligatoire », ajoute-t-il. Javier Milei, qui rêve de faire de l’Argentine un des pôles mondiaux d’intelligence artificielle, souligne enfin l’objectif d’offrir « un environnement fiscal compétitif » à ces sociétés automatisées par rapport aux entreprises classiques.
Pas de prison pour les IA…
Dans une réponse publiée le 8 juin dans le même quotidien, l’historien et penseur Yuval Noah Harari, auteur notamment du best-seller « Sapiens », s’élève contre l’idée de « donner aux agents IA une personnalité juridique » et pose la question : « Quelles sortes de sanctions pourraient suffire à tenir une société non humaine sous contrôle ? » « Les pays qui accordent la personnalité juridique aux IA risquent de devenir quelque chose pour lequel le passé n’a aucun équivalent, plaide l’historien. Non pas un État-entreprise, mais un État-IA » C’est-à-dire « un pays dont la population pourrait en pratique être gouvernée par des sociétés non humaines, contre lesquelles il serait peut-être encore plus difficile de se révolter », met-il en garde.
« Grâce à leurs capacités d’analyse supérieures, les sociétés d’IA seront en position de s’imposer comme maîtres des failles juridiques et de l’arbitrage réglementaire », argumente M. Harari. « Il ne sera pas facile de les dissuader de se livrer à des activités franchement illégales, car la sanction ultime qui dissuade les dirigeants et les employés humains – la prison – est sans pertinence pour les IA ». « Merci infiniment de participer à ce débat fascinant et capital », s’est enthousiasmé Javier Milei en réponse lundi sur X. En promettant à son interlocuteur : « Je prépare déjà ma réponse pour voir si nous pouvons apaiser vos craintes concernant la voie que j’ai proposée la semaine dernière ».
Source:
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