Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a placé, lundi 27 avril, la compagnie aérienne Air Antilles, clouée au sol depuis décembre 2025, en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité, faute d’offre de reprise jugée crédible.
Le tribunal « rejette l’ensemble des offres de cession présentées » et « convertit la procédure de redressement judiciaire de la SAEM Air Antilles en procédure de liquidation judiciaire », selon la décision consultée par l’Agence France-Presse. Il « ordonne la cessation immédiate de l’activité » de la compagnie. « Au cours de la période d’observation, l’administrateur a conclu à l’impossibilité de présenter un plan de redressement par voie de continuation, compte tenu de l’importance du passif évalué à plus de 56 millions d’euros et au regard des pertes d’exploitation persistantes », ajoute le tribunal.
Cette décision signe la fin de la compagnie régionale qui dessert les îles françaises des Caraïbes (Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique) et qui enchaîne les déboires depuis plusieurs années.
Interdite de vols en décembre 2025
Air Antilles avait été relancée en juin 2024 avec l’appui de la collectivité de Saint-Martin, devenue actionnaire majoritaire au nom de la continuité territoriale, après la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023. La collectivité avait investi environ 20 millions d’euros dans l’opération. Mais la compagnie a été interdite de vols en décembre 2025 par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), à la suite d’un audit ayant mis en évidence des manquements documentaires et organisationnels. Elle a été placée en redressement judiciaire en février.
L’offre du consortium guadeloupéen Pewen, seule à porter sur l’ensemble de l’activité, ne prévoyait la reprise que de 13 salariés sur 116, voire 14 avec un engagement pris à l’audience. Le tribunal a jugé cette reprise « incontestablement insuffisante » au regard de l’objectif légal de maintien de l’emploi. Lors de leur consultation, les salariés s’étaient abstenus, jugeant l’offre « non réalisable ». La DGAC avait elle aussi émis un avis critique, estimant le schéma de reprise « confus » et présentant « une faisabilité peu réaliste ».
Une deuxième offre, portée par une holding londonienne nommée Karaibes Eco Rayonnance Consulting (KER) et adossée à un prêt de 90 millions d’euros d’un fonds turc, avait été retirée avant la décision. Une troisième, partielle, ne portait que sur un aéronef et ne prévoyait aucune reprise de personnel. Avec l’arrêt d’Air Antilles, la compagnie Air Caraïbes (groupe Dubreuil) est désormais la seule à relier entre elles les territoires français des Antilles.
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