La Fifa promettait mieux la Coupe du monde 2026

La Coupe du monde de foot se déroulera du 11 juin au 19 juillet prochain et, pour la première fois, se déroulera dans trois pays : les États-Unis, le Mexique et le Canada. Les matchs se dérouleront dans 16 stades différents, dont 11 stades américains, 3 stades mexicains et deux stades canadiens. Il s’agira donc du plus grand événement de l’année 2026, et par conséquent, les attentes sont nombreuses : sur la sécurité, sur la performance, mais aussi sur l’environnement. Et sur cette question là, le bilan risque d’être catastrophique, selon un rapport du think-tank New Weather, un organisme qui œuvre pour le développement d’une économie durable.

L’enquête a été menée en collaboration avec l’organisation environnementale Environmental Defense Fund et le Réseau de sport pour l’action climatique (Sport for Climate Action Network). « La FIFA porte une immense responsabilité, mais fait preuve d’une grave lacune en matière de climat, négligeant son devoir de protection envers les supporters, les joueurs et l’avenir du sport. Alors qu’elle devrait prendre des mesures urgentes pour les protéger tous du réchauffement climatique, ses actions révèlent un mépris flagrant des conséquences climatiques ».

Les émissions de CO2 sont le triple de ce qui avait été annoncé

New Weather est formel, « la Coupe du Monde masculine de 2026 s’annonce comme la plus polluante de l’histoire ». L’élargissement de la phase finale de la Coupe du Monde de 32 à 48 équipes entraînera une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre. « Nous estimons que les émissions liées au transport aérien augmenteront de 160 % à 325 % pour chacun des trois tournois de 2026, 2030 et 2034, par rapport aux niveaux moyens des dernières phases finales ».

La Coupe du Monde de 2026 en Amérique du Nord sera responsable d’au moins l’équivalent de 9 millions de tonnes de CO2, contre 4,7 millions en moyenne lors des dernières ! « Nous estimons que l’accord de sponsoring FIFA-Aramco, portant sur 9,0 millions de tonnes d’équivalent CO₂ pour la Coupe du monde masculine de 2026, induira des émissions supplémentaires d’environ 30 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en raison de l’augmentation des ventes pour la compagnie pétrolière et gazière ». Rappelons que dans leur dossier de candidature initial, les trois pays candidats avaient annoncé une estimation préliminaire de 3,6 millions de tonnes d’équivalent CO2 : ce sera au moins le triple, selon le rapport.


Le niveau de CO₂ place la planète dans une situation inédite depuis 3 millions d’années

Les gouvernements du monde entier font des promesses, les énergies renouvelables se développent à grande vitesse, le marché des véhicules électriques explose, et pourtant, rien n’y fait : le taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un niveau record ces derniers jours…. Lire la suite

Des chaleurs insupportables dans les stades choisis

Ces émissions de CO2 proviendront principalement du transport aérien, mais les stades, déjà construits avant la Coupe du monde, posent également des problèmes à de multiples niveaux : 8 des 16 stades nécessitent des ajustements et travaux pour des raisons environnementales. Six stades sont régulièrement confrontés à des niveaux de chaleur dangereux pour le corps humain, d’autant plus en plein été. Joueurs et spectateurs seront mis en danger, prévient le rapport.

Des villes comme Miami en Floride, Inglewood en Californie, Houston au Texas, Atlanta en Géorgie ou encore Mexico, subissent des chaleurs souvent insupportables en juin et juillet (plus de 35 °C avec un fort taux d’humidité dans l’air), et tous les stades ne sont pas climatisés. La dépense énergétique des stades climatisés en plein été sera, de plus, conséquente.   

Malgré les promesses de la Fifa concernant de futures coupes du monde « neutres en carbone », les prochaines s’annoncent toujours aussi dommageables sur le plan environnemental : la Coupe du monde de 2030 en Espagne devrait entrainer l’émission de l’équivalent de 6,1 millions de tonnes de CO2 et celle prévue en Arabie Saoudite en 2034 l’équivalent de 8,6 millions de tonnes de CO2, selon les premières estimations de New Weather.


Source:

www.futura-sciences.com

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Par La Rédaction

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