Les bonnes nouvelles sont rares en Iran. Alors que les tensions avec les États-Unis et Israël restent fortes et que la trêve entrée en vigueur le 8 avril demeure fragile, une lueur d’espoir est venue de là où on ne l’attendait pas… Du côté du guépard asiatique.
Différent de son cousin africain par sa tête plus petite, ses pattes plus courtes et son cou plus robuste, le guépard asiatique était autrefois présent sur de vastes territoires allant de la péninsule arabique aux régions bordant la mer Caspienne et l’Asie du Sud. Aujourd’hui, la situation a bien changé: on le trouve uniquement dans les déserts de l’est de l’Iran, où il est menacé par le braconnage, le trafic routier et les chiens errants.
Alors que cette sous-espèce est en voie d’extinction, le New York Times rapporte une bonne nouvelle: l’Iran a enregistré cette année une hausse notable du nombre de guépards asiatiques. Alors que seuls dix-sept individus avaient été recensés à l’état sauvage l’an dernier, Bagher Nezami, responsable du programme de conservation du félin asiatique, a dénombré vingt-et-un adultes et six petits supplémentaires en 2026.
Victoire en demi-teinte
Cette nouvelle inattendue a de quoi redonner le sourire. Les écologistes restent toutefois prudents. Ils craignent que l’augmentation relève davantage d’une amélioration de la surveillance que d’un véritable bond de l’espèce. D’autant que les efforts de conservation dans un pays comme l’Iran restent particulièrement difficiles.
Le média américain rapporte que les écologistes doivent faire face à une pression politique constante. Les autorités iraniennes se montrent méfiantes à l’égard des organisations qu’elles accusent régulièrement –et sans preuve– d’espionnage pour des puissances étrangères, sous couvert d’activités scientifiques. Neuf membres de la Fondation du patrimoine faunique persan ont même été arrêtés en 2018. Ils ont été emprisonnés durant plusieurs années. L’un est mort en détention, les autres ont dénoncé des actes de torture.
Si les Gardiens de la Révolution entravent la conservation du guépard asiatique, et que la guerre récente pourrait encourager les braconniers à profiter du chaos, cette sous-espèce fascine les Iraniens. Il s’agit d’un véritable symbole national, dont on retrouve la référence sur les maillots de l’équipe nationale de football ou sur les avions de la compagnie Meraj Airlines.
Historiquement, dans la Perse antique, ces félins étaient même dressés par les rois pour la chasse aux gazelles. Avec le temps, un lien fort s’est créé entre les Iraniens et ces animaux, dont le nombre a pourtant diminué au fil des ans.
Plus récemment, les mouvements d’opposition iraniens se sont réapproprié ce symbole, voyant dans le guépard une incarnation de l’innocence et de la résistance. Lors des manifestations «Femme, vie, liberté» de 2022, l’hymne de protestation «Baraye» rendait hommage à Pirouz, un jeune guépard né en captivité et devenu une figure populaire avant sa mort. Tout un symbole, qui résonne avec le contexte actuel.
Source:
www.slate.fr
