La journaliste libanaise Amal Khalil a été « tuée à la suite d’une frappe aérienne » israélienne mercredi à Tiri, dans le sud du Liban, a annoncé la Défense civile. Un décès confirmé par le journal Al-Akhbar où elle travaillait. Une autre journaliste, Zeinab Faraj, a été blessée dans cette frappe.
Publié le : 22/04/2026 – 23:47
3 min Temps de lecture
Le ministère libanais de la Santé a déclaré que deux frappes israéliennes sur le village de Tiri avaient tué trois personnes, dont la journaliste Amal Khalil, et blessé sa consoeur Zeinab Faraj.
Les autorités ont annoncé que le corps de la journaliste libanaise Amal Khalil, qui travaillait pour le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar, a été extrait des décombres plusieurs heures plus tard. Les équipes qui menaient des recherches avec l’armée libanaise et la Croix-Rouge « ont réussi à récupérer le corps de la journaliste martyre Amal Khalil », a annoncé le bureau de presse de la Défense civile.
« Tirs de semonce »
Selon les autorités libanaises, l’armée israélienne visait la journaliste, ainsi que sa collègue Zeinab Faraj, qui se sont réfugiées dans une maison où elles ont été ciblées. Un responsable de la Croix-Rouge libanaise avait auparavant déclaré à l’AFP que « Zeinab Faraj avait pu être secourue » mais que son équipe avait dû se retirer « à cause de tirs de semonce » sans pouvoir atteindre Amal Khakil.
Des journalistes sur place ont rapporté qu’après plusieurs heures et des contacts avec la Force de paix de l’ONU au Liban (Finul), des ambulanciers, escortés par l’armée libanaise et accompagnés d’un bulldozer pour dégager les décombres, ont pu entrer dans la localité pour rechercher Amal Khalil.
À lire aussiReporters tués dans le sud du Liban: une organisation de défense des journalistes demande une enquête
Une correspondante expérimentée qui couvrait les affrontements entre Israël et le Hezbollah depuis 2023
Le journal qui l’employait a réagi après la mort de la journaliste. « Notre collègue, Amal Khalil, correspondante de presse dans le sud du Liban, a été tuée après avoir été poursuivie par des avions ennemis qui l’ont prise pour cible lors de plusieurs raids, touchant d’abord sa voiture, puis la maison où elle s’était réfugiée », a écrit son journal sur X.
Correspondante expérimentée, Amal Khalil a couvert le sud du Liban au cours du conflit actuel entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, comme lors de la précédente guerre de 2023 et 2024. Elle travaille souvent avec la photographe indépendante Zeinab Faraj.
« Un crime odieux », dénonce le ministre de l’Information
Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a déclaré que « cibler les journalistes est un crime odieux ». Il a également qualifié la mort de la journaliste de « violation flagrante du droit international humanitaire, face à laquelle nous ne resterons pas silencieux ».
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) libanais a fait part de son indignation, signalant que « la poursuite de l’entrave aux opérations de secours par Israël pourrait constituer un crime de guerre ».
Depuis début mars, Israël a tué cinq journalistes au Liban.
À lire aussiLiban: Israël poursuit ses démolitions dans le sud du pays malgré la trêve
Source:
www.rfi.fr
