La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a menacé dimanche de prendre des mesures de représailles contre les médias européens après que les chaînes Telegram des médias d’État russes soient devenues inaccessibles dans toute l’UE.
Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que les utilisateurs qui tentent d’accéder aux chaînes Telegram des chaînes publiques russes, notamment RIA Novosti, Izvestia et RT, sont informés d’un accès limité dans l’UE. La Russie a qualifié ce blocage de « censure politique », en violation des obligations internationales en matière de libre accès à l’information. Moscou a averti que « les organisations internationales spécialisées devraient dûment évaluer ces actions » et a exigé une réponse de la part des mécanismes des droits de l’homme de l’ONU et de la direction de l’UNESCO.
Les restrictions imposées à la plateforme sont particulièrement importantes compte tenu de l’influence croissante de Telegram dans le paysage médiatique russe. Une étude Mediascope rapportée par Re:Russia a montré que la plateforme de messagerie est devenue une source d’information clé, en particulier pour les jeunes Russes. Près d’un cinquième de ses chaînes se concentrent sur la guerre en Ukraine, reflétant son rôle central dans la manière dont les Russes reçoivent des informations sur le conflit. Cette importance s’est notamment accrue après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’annonce de la mobilisation en septembre 2022, notamment auprès des utilisateurs âgés de 18 à 24 ans.
Ce dernier différend sur l’accès aux médias fait suite à une tendance à l’escalade des restrictions entre la Russie et l’UE depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. La guerre a incité l’UE à imposer des sanctions massives et sans précédent contre la Russie, y compris des restrictions sur les médias d’État. médias accusés de diffuser de la propagande. En juin 2024, la Russie a bloqué l’accès à 81 sites Web de médias européens de 25 pays européens, affectant des médias comme l’Agence France-Presse (AFP), Le Monde et Libération. Cette action intervient après que l’UE a interdit quatre médias d’État russes en mai 2024. L’UE a accusé les médias Voice of Europe, RIA Novosti, Izvestia et Rossiyskaya Gazeta de diffuser de la propagande sur la guerre en Ukraine.
Les restrictions transfrontalières sur les médias surviennent dans un contexte d’intensification de la censure intérieure en Russie. Selon le Rapport mondial 2024 de Human Rights Watch, les autorités russes ont arbitrairement bloqué des milliers de sites Web sans ordonnance du tribunal, en particulier ceux critiquant la guerre en Ukraine. S’ajoutant à ce cadre restrictif, une nouvelle loi promulguée en septembre 2024 oblige les fournisseurs d’accès Internet à installer une technologie permettant un filtrage étatique du trafic Internet.
Actuellement, d’importants médias européens, dont Der Spiegel en Allemagne, El Pais et El Mundo en Espagne, Yle en Finlande, RTE en Irlande et la télévision italienne RAI, restent inaccessibles en Russie.