Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné vendredi le meurtre et les blessures de dizaines de civils à El Fasher, à la suite d’attaques des Forces de soutien rapide (RSF).
Dans un communiqué, Türk a noté que les appels répétés aux RSF pour protéger les civils n’ont pas été suivis par le groupe paramilitaire qui, au contraire, « tue, blesse et déplace des civils ».
Par ailleurs, Türk a exhorté RSF à tirer les leçons de la condamnation d’Ali Kushayb par la Cour pénale internationale (CPI), pour son implication dans les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Darfour. Türk a averti à plusieurs reprises dans le passé que les civils du Darfour risquaient d’être victimes d’atrocités massives si le siège se poursuivait.
Au moins 53 civils ont été tués par les RSF vendredi à El Fasher, la capitale du Nord Darfour, dont des femmes et des enfants, tandis que des centaines de familles restent coincées dans la ville assiégée, confrontées à la famine, à la maladie et aux bombardements constants.
En droit international humanitaire, la famine massive, lorsqu’elle est délibérée, peut relever de la Convention sur le génocide. Plus précisément, la convention définit le génocide comme « des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », le siège étant potentiellement qualifié de tel s’il est délibéré et systématique.
Le Darfour abrite un mélange de groupes ethniques, notamment des communautés arabes et africaines non arabes, telles que les Fur, les Masalit et les Zaghawa. Le conflit a commencé en 2003 lorsque deux groupes rebelles – l’Armée de libération du Soudan (SLA) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) se sont affrontés contre le gouvernement soudanais, accusé de marginaliser et de refuser la représentation politique aux groupes ethniques non arabes.
En réponse, le président Omar al-Bashir a riposté par une campagne brutale d’atrocités, de massacres, de viols et de déplacements forcés, en s’appuyant largement sur les Janjaweed, une milice arabe qui, en 2013, a été officialisée sous le nom de Forces de soutien rapide (RSF). Depuis lors, cette force est devenue l’un des groupes armés les plus puissants du Soudan, restant intégrée mais largement autonome par rapport à l’armée soudanaise.


