Le dépistage de l’exposition au cadmium, métal lourd classé cancérogène, sera prochainement remboursé en France, évoque Le Monde. Cette décision est la suite d’une promesse gouvernementale formulée après l’alerte lancée en 2025 par un collectif de médecins libéraux dénonçant « une bombe sanitaire ».
Un accord entre l’Assurance-maladie et les biologistes fixe le tarif à 27,50 euros. Ce dépistage sera remboursé à 60 % par la Sécu, et permettra aux praticiens de prescrire dès l’été ces tests en ville, ce que seul l’hôpital pouvait faire jusqu’à présent.
Le dispositif prévoit de limiter le dépistage aux personnes « potentiellement surexposées » en fonction de leur lieu de résidence, notamment à proximité de sols pollués. Ce ciblage est jugé « trop restrictif » par de nombreux médecins, qui dénoncent une approche en décalage avec les données sanitaires.
Des niveaux préoccupants
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), près d’un Français sur deux – et la totalité des jeunes enfants – présente des niveaux d’imprégnation préoccupants, principalement liés à l’alimentation (céréales, légumes, produits de base). Le ministère de la santé précise que le dépistage s’adressera aux personnes « vivant sur des sites dont les sols ont été identifiés comme pollués par les autorités de l’Etat sur la base d’expertises environnementales », précise le quotidien du soir.
Une réponse inappropriée pour le docteur Pierre Souvet, fondateur de l’Association Santé Environnement France. « Le gouvernement veut visiblement limiter la surveillance biologique des Français », dénonce-t-il auprès du Monde. De nombreux praticiens estiment qu’un dépistage limité à certaines zones géographiques revient à ignorer une contamination diffuse à l’échelle nationale.
Des tests, mais pour quoi faire ?
L’utilité même de ce teste est remis en cause par certains professionnels. A ce jour il n’existe aucun traitement pour se désintoxiquer du cadmium. « Que faire d’une cadmiurie élevée ? C’est toute la difficulté », estime Pascal Meyvaert, coordinateur du groupe de travail santé et environnement des médecins libéraux, auprès du Monde.
Source:
www.20minutes.fr
