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Résumé : Un navire russe officiellement qualifié de « navire de recherche » a passé des mois à se déplacer tranquillement autour des câbles sous-marins les plus sensibles d’Europe, suscitant de nouvelles inquiétudes parmi les responsables de la sécurité de l’UE concernant le sabotage, l’espionnage et la résilience des infrastructures numériques et énergétiques européennes. Le Financial Times et les observateurs spécialisés dans la défense rapportent que le navire, Yantar, possède des capacités bien au-delà de la recherche océanographique, notamment la surveillance des fonds marins et la perturbation potentielle des câbles, ce qui ajoute de l’urgence aux efforts de l’Europe pour protéger les infrastructures qui transportent Internet, les signaux militaires et l’électricité à travers le continent.

L’ombre sous-marine de la Russie

Depuis des mois, le navire russe Yantar opère autour de certains des câbles sous-marins les plus stratégiques d’Europe, selon des informations initialement mises en évidence par l’analyse technologique publiée le 22 novembre et des résumés ultérieurs du Financial Times. Officiellement décrit par Moscou comme un « navire de recherche », le navire de 108 mètres a parcouru des routes qui suivent de près les infrastructures essentielles de communication et d’énergie de l’Europe.

Les derniers mouvements de Yantar comprenaient la traversée de la mer Baltique, le tour du Danemark et de la Norvège, puis son immobilisation à proximité de câbles de grande valeur au large des côtes du Royaume-Uni et de l’Irlande. Après cette tournée, il s’est éloigné du suivi public tout en continuant à diffuser le profil d’un navire civil.

Malgré la classification publique de la Russie, Yantar est entré en service dans la marine russe en 2012 et déploie des submersibles en eau profonde capables d’atteindre 6 000 mètres. Ces systèmes, selon les évaluations publiées par l’US Navy, peuvent localiser, capter ou couper des câbles sous-marins. La même capacité, si elle est mal utilisée, pourrait perturber l’approvisionnement en électricité, la connectivité Internet et même les communications militaires de l’OTAN.

Les câbles sous-marins transportent plus de 95 % du trafic mondial de données. Toute vulnérabilité devient alors systémique : un seul acte de sabotage pourrait affecter des millions de personnes, d’entreprises et de gouvernements dans toute l’Union européenne.

Un long palmarès de missions sensibles

Le comportement actuel de Yantar correspond à un modèle bien établi. Au cours de la dernière décennie, elle a contacté des systèmes de câbles stratégiques dans plusieurs régions, notamment :

Des câbles américains près de la baie de Guantanamo en 2015, des eaux norvégiennes et groenlandaises peu après, des routes de télécommunications entre Israël et Chypre en 2017, des infrastructures côtières brésiliennes en 2020, des navires militaires norvégiens en 2023 et, en 2024, des câbles de données de grandes entreprises technologiques dans la mer d’Irlande.

Dans certains cas, les forces navales ont tenté de communiquer avec le navire et n’ont reçu aucune réponse. Les analystes estiment que cela suggère des opérations de collecte de renseignements pré-planifiées plutôt que des missions scientifiques.

Inquiétudes croissantes au sein de l’UE

Les responsables européens ont souligné à plusieurs reprises que l’UE devait considérer les infrastructures sous-marines comme faisant partie de son architecture de sécurité fondamentale. Des incidents récents – tels que les explosions du gazoduc Nord Stream et les dommages au câble sous-marin entre l’Estonie et la Finlande – ont déjà suscité une surveillance accrue de la part des institutions européennes, notamment dans les débats sur la résilience et les menaces hybrides.

Les derniers rapports sur Yantar ajoutent à l’urgence. Elles surviennent alors que les agences de sécurité européennes avertissent que les interférences secrètes avec les câbles sont de plus en plus plausibles et potentiellement dévastatrices.

Une analyse du European Times sur les défis liés à la sécurité des fonds marins plus tôt cette année a souligné que les artères numériques de l’Europe restent vulnérables sans une surveillance et une coopération plus renforcées entre les États membres.

Un avertissement stratégique

Les experts estiment que les investissements parallèles de la Russie dans ses propres réseaux numériques souverains pourraient être un signal stratégique : réduire sa dépendance aux systèmes mondiaux pourrait ouvrir plus de marge pour des opérations perturbatrices ailleurs.

On ignore si Yantar a déjà installé des dispositifs de surveillance – ou quelque chose de plus dangereux. Ses opérations opaques soulignent cependant une leçon plus large : à l’ère des tactiques hybrides, les menaces n’apparaissent pas toujours dans le ciel ou sur terre. Certains voyagent tranquillement sous la surface.

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