Les oasis marocaines concurrencees par la culture de la pasteque

Dans l’oasis de M’hamid El-Ghizlane, aux confins du Grand Est marocain, la couleur verte des palmiers-dattiers, autrefois très présents, s’étiole. « Chaque jour, quand le vent vient, le sable avance et la palmeraie meurt un peu plus », résume froidement Halim Sbaï, 55 ans, directeur du festival musical Zamane, autour des traditions du désert, et figure de la vie culturelle locale. « Pas besoin d’être un expert pour le constater », se désole-t-il.

A mesure que son pick-up blanc s’enfonce sur les routes étroites de l’oasis, un paysage presque apocalyptique apparaît. Des centaines de stipes (faux-troncs) de palmiers gisent au milieu de petites dunes. L’éventail de leurs palmes a soit grillé, soit complètement disparu. « Petits, c’était notre terrain de jeu, on venait ramasser des dattes ici, c’était luxuriant, mais maintenant c’est un cimetière », regrette le quinquagénaire aux cheveux poivre et sel.

« Ça n’a pas toujours été aussi terne, jusqu’au début des années 1990, l’eau coulait toute l’année », assure-t-il, montrant du doigt le lit à demi asséché de l’oued Drâa, le fleuve le plus long du Maroc (1 000 kilomètres), qui ruisselle, en temps normal, du Haut-Atlas jusqu’aux portes du désert. « L’environnement oasien était très bien équilibré », ajoute le guide. A l’époque, l’agriculture ancestrale basée sur une superposition verticale de trois cultures, les dattes des hauts palmiers, de plus petits arbres fruitiers et enfin le maraîchage au ras du sol, permettait à une large majorité des habitants de subsister dans ce milieu aride. Un agroécosystème vieux de plusieurs siècles.

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Source:

www.lemonde.fr