Les plantes peuvent-elles transmettre des maladies aux humains ? Ce que dit le cas d’un champignon rare

La découverte de 2023 a attiré l’attention sur une frontière biologique que l’on croyait mieux délimitée : un champignon habituellement associé à une maladie des arbres a été identifié au niveau de la trachée d’un homme. Ce cas rare relance une question de santé publique et de biologie : les organismes qui infectent les végétaux peuvent-ils aussi s’attaquer aux humains ? La réponse est nuancée. Les plantes ne jouent pas, pour les infections humaines, un rôle comparable à celui de nombreux animaux.

Les maladies transmises de l’animal à l’homme, ou zoonoses, occupent une place centrale dans la surveillance internationale des infections, notamment pour les virus respiratoires, certaines bactéries ou les parasites. L’Organisation mondiale de la santé les suit comme un enjeu majeur. Les pathogènes des végétaux obéissent à d’autres contraintes. Beaucoup sont spécialisés dans les tissus végétaux, utilisent des mécanismes adaptés aux feuilles, à l’écorce ou aux racines, et ne disposent pas des outils biologiques nécessaires pour se développer dans un corps humain.

Le cas du champignon identifié en 2023 illustre toutefois que l’impossibilité n’est pas absolue. L’organisme concerné, connu dans la littérature médicale sous le nom de Chondrostereum purpureum, est associé à des maladies chez certains arbres. Sa présence chez un patient a été considérée comme exceptionnelle, précisément parce que les champignons liés aux végétaux franchissent rarement la barrière d’espèce. Pour provoquer une infection humaine, un micro-organisme doit notamment survivre à la température du corps, contourner les défenses immunitaires et trouver un environnement où se multiplier. Ces conditions limitent fortement les passages entre le monde végétal et l’être humain.

Le risque principal ne vient donc pas d’une transmission directe comparable à celle observée avec des animaux porteurs de virus ou de bactéries. Il concerne plutôt l’exposition environnementale : spores présentes dans l’air, sols, composts, bois en décomposition ou débris végétaux. Chez la plupart des personnes, ces contacts restent sans conséquence. Ils peuvent devenir plus préoccupants lorsque l’immunité est affaiblie ou lors d’expositions professionnelles répétées. L’épisode de 2023 ne signale pas une nouvelle menace généralisée, mais rappelle l’importance de surveiller les maladies infectieuses rares, à l’interface entre environnement, agriculture et médecine.

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Par Nicolas Renaud

Nicolas Renaud est journaliste monégasque, spécialiste des questions économiques internationales, de la diplomatie et des enjeux liés à la gouvernance mondiale.