Le gouvernement iranien a annoncé mardi qu’il avait levé une interdiction de deux ans sur WhatsApp et le Google Play Store, marquant un changement significatif dans les restrictions Internet du pays.
L’agence de presse officielle de la République islamique (IRNA) a rapporté cette décision après une réunion impliquant de hauts responsables du gouvernement, dont le président Masoud Pezeshkian. Cette décision est considérée comme une première étape vers un assouplissement des contrôles stricts sur Internet avec un accès limité aux principales plateformes mondiales.
Sattar Hashemi, ministre iranien des Technologies de l’information et des communications, a souligné que cette décision représente un effort de collaboration entre diverses branches du gouvernement pour réévaluer la gouvernance de l’Internet. Dans son message sur X (anciennement Twitter), Hashemi l’a décrit comme « la première étape » vers la levée de nouvelles restrictions, indiquant un éventuel assouplissement futur de l’accès à Internet. Cependant, même si certains utilisateurs ont signalé avoir retrouvé l’accès à ces plates-formes, la restauration complète des fonctionnalités peut prendre du temps.
La levée de l’interdiction s’aligne sur les promesses de campagne du président Pezeshkian d’améliorer les libertés numériques et de réduire la censure. Malgré ces progrès, les responsables iraniens ont réitéré leur engagement à promouvoir les plateformes locales parallèlement à la réintroduction des services étrangers. Cette double approche reflète les préoccupations constantes de contrôle du paysage numérique tout en répondant à la demande du public pour un meilleur accès aux outils de communication mondiaux.
L’interdiction de WhatsApp et de Google Play a été initialement imposée en 2022 au milieu de protestations généralisées suite à la mort de Mahsa Amini, une femme arrêtée par la police des mœurs pour avoir prétendument enfreint un code vestimentaire strict. Ces manifestations ont mis en évidence le mécontentement du public à l’égard des politiques gouvernementales et des restrictions aux libertés individuelles. Les autorités iraniennes ont adopté des mesures sévères pour contrôler la circulation de l’information et la communication entre les citoyens en réponse aux troubles.
Le contexte plus large de cette évolution inclut la longue histoire de censure stricte de l’Internet en Iran, y compris l’interdiction des plateformes de médias sociaux populaires comme Facebook, Twitter et YouTube depuis 2009. Les Iraniens ont souvent eu recours à des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner ces restrictions, ce qui démontre une demande persistante d’un accès non filtré à l’information.
Alors que l’Iran évolue dans un paysage politique complexe, la récente décision de lever l’interdiction de WhatsApp et de Google Play est une indication notable de changements potentiels dans la politique concernant la liberté sur Internet. Cependant, cela soulève également des questions sur l’équilibre entre le contrôle gouvernemental et les droits individuels dans un pays où la communication numérique est essentielle à l’engagement civique et aux mouvements sociaux.