Ce bilan annuel est de plus en plus précis, grâce au développement du programme européen Copernicus. Les missions des satellites d’observation Sentinel donnent une image toujours plus nette de l’état de l’atmosphère, des sols, des océans, des étendues glacées.
Premier message : le continent européen est en première ligne du changement climatique. Tout au nord, la zone arctique est la région du globe où les températures augmentent le plus vite avec 0,75°C de hausse par décennie depuis les années 1950 L’Europe arrive en second avec 0,56°C par décennie, tandis que la moyenne du globe est de 0,27°C. Les pays de l’Est se réchauffent plus vite que ceux de l’Ouest.

Près de 95% de la surface du continent subit des températures plus élevées que la moyenne. 2025 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée au Royaume-Uni, en Norvège et en Islande (troisième en France). En Juillet, la Scandinavie et la Finlande ont expérimenté la plus forte canicule jamais vécue dans ces régions septentrionales. Durant 21 jours, les températures ont excédé les 30°C y compris dans des zones situées au-delà du cercle arctique, avec un pic à 34,9°C à Frosta en Norvège.

Les jours de températures inférieures à 0°C et de couverture de glace diminuent fortement avec un recul marqué dans les pays de l’Est. La Scandinavie et la Finlande vivent un recul spectaculaire de l’englacement. Partout, les températures minimales sont restées supérieures à la moyenne pendant la majeure partie de l’année. En mars 2025, la surface enneigée en Europe était inférieure à la moyenne d’environ 1,32 million de kilomètres carrés (31%), soit l’équivalent de la surface combinée de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche. Il s’agit de la troisième étendue de neige la plus faible depuis le début des relevés en 1983.

Les glaciers perdent en taille et en masse partout sur le continent. C’est particulièrement marqué en Islande, où la couverture neigeuse a été 31% inférieure à la moyenne. Le Groenland a perdu 139 milliards de tonnes de glace.
Partout, des canicules marines

Environ 86% des zones maritimes ont subi des canicules marines ; 36% expérimentant des conditions « extrêmes » ou « sévères », selon un classement en quatre catégories d’intensité (modéré, forte, sévère et extrême), calculé sur la période de référence 1991-2020. La région océanique européenne a battu ses records de températures. C’est la quatrième année consécutive de chaleur record. La Méditerranée est évidemment la première concernée, mais la mer de Norvège a également connu un épisode « sévère » coïncidant avec la vague de chaleur enregistrée en Scandinavie.

Dans toute l’Europe, 70% des cours d’eau ont connu des débits inférieurs à la moyenne. L’année 2025 a été l’une des trois plus sèches depuis 1992, avec des effets immédiats sur les teneurs en eau des sols, et donc sur les rendements agricoles. C’est notamment le cas pour une grande partie de la France. En 2026, l’Hexagone connaît une situation similaire avec un début de printemps secs provoquant l’asséchement des sols.

L’un des intérêts du travail du CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) est de faire une compilation des évènements subis au cours d’une année, s’extrayant ainsi de la mémoire courte des actualités. Ainsi, la recension de tous les évènements climatiques extrêmes montre que l’ensemble du continent a été touché au moins une fois par une sécheresse, une canicule, une tempête, des précipitations catastrophiques, des inondations.

La compilation des incendies trahit un phénomène grandissant d’assèchement et de sensibilité plus forte de la végétation à l’inflammation. En 2025, 1.034.000 hectares sont partis en fumée, soit un peu plus que la surface de Chypre. L’Espagne a été particulièrement touchée, mais le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne ont enregistré également leurs plus fortes émissions de feux de forêt.
Source:
www.sciencesetavenir.fr
