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Lucas Chevalier, Alphonse Areola ou encore… Hugo Lloris. Les rumeurs concernant l’identité du 3e gardien français pour la Coupe du monde cet été vont bon train. Mais en quoi consiste vraiment ce rôle et surtout, peut-il convenir à tout le monde? Lionel Charbonnier et Benoît Costil, anciens gardiens des Bleus, aujourd’hui consultants pour RMC Sport nous livrent les clés de ce poste de l’ombre.

Dans l’imaginaire collectif, le poste de troisième gardien en sélection est rarement pris au sérieux. Souvent moqué, moins considéré que les autres et jugé peu utile. Pourtant, lors des grandes compétitions internationales, les troisièmes gardiens jouent souvent un rôle déterminant, dixit Lionel Charbonnier et Benoît Costil, respectivement doublure de Fabien Barthez à la Coupe du monde 1998 et d’Hugo Lloris à l’Euro 2016.

Un moteur sur le terrain…

Loin de l’image d’un simple figurant, le troisième gardien est avant tout un rouage essentiel dans la préparation des titulaires. « Il se doit d’être performant à chaque entrainement et d’être au service du reste de l’équipe », raconte Benoît Costil, qui a notamment connu cette position lors de l’Euro 2016 (derrière Hugo Lloris et Steve Mandanda). « Quand il y a un exercice de frappes à faire en fin de séance, lui doit être là et mouiller le maillot. » Répondre présent donc, quand le portier titulaire a besoin de souffler.

Lors d’une compétition et sauf exception, le troisième gardien n’a pratiquement aucun temps de jeu. Alors, à l’entrainement, le staff attend de lui qu’il se donne plus que les autres, pour participer à la montée en puissance du groupe, match après match. Pour Lionel Charbonnier, champion du monde 98 et doublure de Fabien Barthez et Bernard Lama, le gardien numéro 3 est un « faire-valoir » qui doit « s’entrainer à 300% » pour mettre ses coéquipiers dans les meilleures conditions. Et Benoît Costil d’insister: « Il faut respecter ce poste. Et arrêter de croire que le troisième gardien, c’est le clown de service. C’est plus que ça, c’est un très bon gardien de but qui mérite d’être en équipe de France grâce à ses performances et son talent. »

…et en dehors

Et l’influence du troisième portier ne se limite pas qu’au terrain. Dans la vie de groupe, le joueur agit comme un véritable régulateur, Lionel Charbonnier peut en témoigner: « Parfois, les titulaires sont dans un certain doute, et le fait de voir quelqu’un qui ne jouera pas avoir la banane, c’est quelque part, pour eux, un réconfort et une source de motivation car ils se disent, ‘mais lui ne va pas jouer, et lui, il est content d’être là. Donc nous, nos états d’âme de titulaire, on les met de côté’. » L’attitude du gardien numéro a donc un rôle crucial: elle conditionne l’ambiance du vestiaire et peut impacter directement les performances collectives. En bien, comme en mal. « Un troisième gardien qui n’a pas la bonne mentalité peut vous mettre un bordel terrible dans le groupe et vous faire perdre une Coupe du monde », raconte le membre de la Dream Team RMC, Lionel Charbonnier, appelé une trentaine de fois en équipe de France.

D’où l’importance pour le sélectionneur de faire le bon choix. Gestion de la frustration de ne pas jouer, humilité vis-à-vis du groupe, engagement total, autant de qualités indispensables pour occuper le poste. Celui qui accepte ce rôle devient un élément stabilisateur, capable d’influencer positivement une compétition sans entrer en jeu. Un paradoxe qui résume bien toute la singularité de cette fonction: invisible pour le grand public mais fondamental dans la quête d’un titre.


Source:

rmcsport.bfmtv.com