A La Havane les Cubains dans lincertitude entre crainte dune attaque

Au volant de sa Ford de 1956, sur la route qui relie La Havane, la capitale cubaine, à la localité de Santiago de Las Vegas, en lointaine périphérie, Leonardo (qui a requis l’anonymat, comme toutes les personnes citées par leur prénom) pianote nonchalamment sur son téléphone portable, tout en slalomant entre d’antiques Lada pétaradantes, de petits utilitaires électriques importés de Chine et des camions d’un autre âge, transportant des marchandises ou des passagers. Le trafic est particulièrement fluide sur cette artère à quatre voies, en ce mercredi de la fin avril.

En raison du blocus pétrolier mis en place le 29 janvier par les Etats-Unis contre Cuba, l’île caribéenne est confrontée à une pénurie de carburant d’une ampleur inédite. Le litre d’essence se monnaye désormais, au marché noir, à 5 000 pesos cubains le litre, soit 10 dollars (8,53 euros) selon le taux de change officieux, qui gouverne de nombreuses transactions du quotidien. « La plupart des stations-service sont à sec ! Maintenant, le plus sûr pour trouver de l’essence, c’est auprès des revendeurs à la sauvette, au bord de la route », confie, avec un sourire amer, le chauffeur de taxi de 39 ans.

Depuis la signature par Donald Trump d’un décret interdisant toute livraison d’hydrocarbures à Cuba par les pays tiers sous peine de sanctions, l’île castriste, exsangue après six décennies d’embargo américain et plusieurs années de marasme économique, est au bord de l’asphyxie. Les centrales thermiques, vieillissantes, fonctionnent au ralenti et les pannes de courant à répétition empoisonnent la vie des Cubains. « Dans ma région d’origine, à Baracoa [sud-est de l’île], ils ont la lumière deux heures par jour à peine, s’afflige Leonardo. Il faut que ça change ! »

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Source:

www.lemonde.fr