Foyer presume de hantavirus sur un navire de croisiere les

Les îles de Las Palmas et Tenerife, sur l’archipel espagnol des Canaries, sont « envisagées comme porte d’entrée pour le débarquement » du bateau de croisière, présumé foyer de hantavirus, actuellement au large du Cap-Vert, à bord duquel se trouvent 149 personnes de 23 nationalités, a annoncé, lundi 4 mai, l’opérateur dans un communiqué.

« Des mesures de précaution strictes sont en cours à bord, notamment des mesures d’isolement, des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale », a expliqué le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, dont le navire n’a pas été autorisé à accoster au port de la capitale cap-verdienne, Praia, afin de « protéger la population cap-verdienne », ont déclaré les autorités sanitaires du pays, plus tôt.

« L’équipe médicale s’est déjà rendue à bord, où elle a effectué l’évaluation des deux personnes infectées avec les équipements de protection individuelle adéquats », a fait savoir la présidente de l’Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, dimanche dans la soirée, sur la radio publique Radio de Cabo Verde. Une seconde intervention sur le navire s’est déroulée « pour commencer le traitement de certains de ceux qui avaient besoin d’une prise en charge, disons, d’ordre clinique », a-t-elle précisé.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, dimanche, de trois morts liés à ce possible foyer d’infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l’Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert.

L’épisode de hantavirus présente un « faible risque » de propagation, a estimé, lundi, le directeur régional de l’OMS Europe, Hans Kluge, à l’heure où les Pays-Bas cherchent à rapatrier deux malades. « Le risque pour l’ensemble du public demeure faible. Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient « pas facilement entre personnes ».

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L’évacuation médicale de plusieurs personnes du navire à l’étude

M. Kluge a souligné que l’OMS Europe collaborait avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l’évacuation et les investigations. « Nous agissons avec urgence pour soutenir la réponse à l’épisode de hantavirus à bord d’un navire de croisière dans l’Atlantique à la suite de ces décès tragiques », a ajouté ce responsable sanitaire.

Dans son tout premier communiqué, le croisiériste Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé faire face à « une situation médicale grave » à bord du Hondius, qui peut accueillir environ 170 passagers pour quelque 70 membres d’équipage. Il a ensuite confirmé trois décès, dont deux à bord et un après le débarquement.

Deux victimes sont un couple néerlandais, lui âgé de 70 ans, mort à bord du navire et dont le corps se trouve sur l’île de Sainte-Hélène, et son épouse de 69 ans, morte dans un hôpital sud-africain à Johannesburg. La nationalité de la troisième n’est pas connue, selon les médias néerlandais. Un autre passager se trouve en soins intensifs à Johannesburg et deux autres « ont besoin de soins médicaux urgents », a précise l’opérateur. D’après l’OMS, un patient britannique a été pris en charge en Afrique du Sud.

« Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas », a précisé Oceanwide Expeditions. Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, le ministère des affaires étrangères néerlandais a confirmé qu’il « étudiait actuellement les possibilités d’évacuer médicalement quelques personnes du navire ». « Si cela s’avère possible, le ministère des affaires étrangères se chargera de la coordination », a affirmé un porte-parole.

« Cinq autres cas suspects »

Bien que des médecins du Cap-Vert se soient rendus à bord pour évaluer l’état de santé des deux passagers malades, aucune autorisation n’a été accordée pour les évacuer vers la terre ferme. « Le débarquement et le dépistage médical de tous les passagers nécessitent une coordination avec les autorités sanitaires locales, avec lesquelles nous sommes en étroite consultation », a affirmé l’opérateur.

Le hantavirus, une maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, a-t-il précisé. Il n’est toutefois pas encore établi si le virus était à l’origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions. Et aucun cas de hantavirus n’a été confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire. « La cause exacte et tout lien éventuel font l’objet d’une enquête », a déclaré l’entreprise.

L’OMS, dans ses premières communications, dimanche, avait expliqué qu’un cas d’infection par le hantavirus avait été confirmé et qu’il y avait « cinq autres cas suspects ». « Bien que rare, le hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », avait-elle précisé.

Le Monde avec AFP


Source:

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