Cette fois, Nicolas Sarkozy est venu, mercredi 6 mai, assister à la dernière journée de plaidoirie des parties civiles, qui ne l’ont pas plus ménagé que la veille. Il avait notamment manqué l’intervention fort construite de l’association Sherpa, mais il a suivi sans broncher celles d’Anticor et de Transparency International : pour la première fois, les trois associations anticorruption étaient présentes sur les mêmes bancs, au procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
Sherpa suit depuis treize ans la procédure et Mᵉ Vincent Brengarth a déroulé, mardi, cinq séries d’observation. Il a d’abord insisté sur « la portée historique du dossier », pas seulement en raison de la qualité du principal prévenu, mais aussi parce qu’il y a là « le caractère quasi parfait de la chaîne de corruption : d’anciens décideurs publics, des agents de corruption, comme Alexandre Djouhri qui souhaite bénéficier d’une catégorie professionnelle à part, protégée par le secret des affaires, et des banquiers, qui se révèlent des analphabètes fiscaux. »
L’avocat a raillé la défense qui prétend que le dossier est vide, que les curiosités, longuement détaillées, sont « des coïncidences », et il a rappelé le mot de – l’unique – officier de police judiciaire chargé de l’affaire (en France, on privilégie le maintien de l’ordre), qui avait découvert chez Wahib Nacer « la caverne d’Ali Baba de la preuve ». Le tout clôturé par les attestations de Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Elysée, qui constitue « un véritable basculement : pour la première fois, une défense collective s’effrite ».
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Source:
www.lemonde.fr
