Ce que lon croyait impossible a chiffrer comme la sante

L’année 2026 risque de s’inscrire dans les annales comme catastrophique pour les agriculteurs français et européens. A la suite du blocage du détroit d’Ormuz, le prix des engrais azotés a fortement augmenté ; quant à celui de l’urée, fertilisant directeur influençant les autres, il a crû, selon les chiffres de l’organisme étatique FranceAgriMer, de 30 % en un mois, en pleine période des semis. Le gazole non-routier, utilisé pour les machines agricoles, a bondi pour sa part de 60 % en deux semaines. Des hausses qui pourraient représenter un surcoût de 15 000 à 20 000 € euros par exploitation, selon les syndicats du secteur.

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Or, cette hausse des coûts ne sera pas compensée par une augmentation équivalente des prix de vente, car les stocks mondiaux sont actuellement à un niveau confortable, empêchant une envolée des prix. On peut donc s’attendre à un « effet ciseau » [quand deux évolutions opposées se produisent en même temps], et à une augmentation du nombre de faillites d’exploitations agricoles dans les mois qui viennent.

Ce choc géopolitique n’est malheureusement pas le premier. La guerre en Ukraine avait déjà provoqué, en 2022, un doublement du prix moyen des engrais, et un quadruplement pour l’urée au pic de la crise, en avril de la même année. Ces coûts n’étaient jamais redescendus à leur niveau initial, fragilisant de nombreuses exploitations avec, à la clé, déjà, une série de faillites.

Financer la préservation

Face à cette succession de contextes géopolitiques instables, adopter des modèles plus robustes s’avère aujourd’hui indispensable : à la fois pour garantir la souveraineté alimentaire du pays, et pour donner davantage de perspectives aux agriculteurs, soumis à des aléas de grande ampleur. Ils en ont connu de tels jusqu’à la mise en place de politiques d’encadrement des prix et des volumes, durant la seconde guerre mondiale, puis celle de la politique agricole commune, qui avait stabilisé, un temps, leurs revenus.

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Source:

www.lemonde.fr