Le 11
juillet 1970, une fusée Athena de cinq étages pesant plus de sept tonnes s’élance
dans le ciel depuis la base de l’United States Air Force de Green River, dans
l’Utah. Sa mission: étudier la haute atmosphère. Mais le récit bascule lorsque
l’engin dévie dangereusement de sa trajectoire avant de s’écraser dans le
désert de Chihuahua, au nord du Mexique. Le choc a laissé un cratère de
15 mètres de long, 5 mètres de large et 3 mètres de profondeur, selon un rapport
publié en août 1970 par le New York Times.
La fusée s’est écrasée en plein cœur de la Zona del
Silencio, une zone désertique qui, selon les rumeurs locales, serait
saturée de magnétite –un minéral composé d’oxyde de fer que l’on trouve
naturellement dans certaines roches éruptives.
Cette magnétite serait issue d’anciens impacts de météorites, détaille Popular Mechanics. L’impact
le plus célèbre au Mexique remonte à environ 66 millions d’années, lorsqu’un
astéroïde d’une dizaine de kilomètres a frappé au large de la péninsule du
Yucatán, dans le sud-est du pays. Ce cataclysme est souvent associé à
la fin de l’ère des dinosaures.
Depuis plusieurs décennies, la magnétite est soupçonnée de
perturber les signaux radio et d’autres équipements électroniques dans la Zone
du Silence. Un phénomène réel, dont l’ampleur reste cependant débattue. Selon
plusieurs témoignages relayés par Atlas Obscura, certains y voient plutôt les vestiges… de visites d’extraterrestres.
La magnétite, explication fiable?
En grande quantité, la magnétite peut effectivement brouiller
le trafic radiophonique. Le surnom Zone du Silence, attribué en 1966 par un
dirigeant d’une compagnie pétrolière qui ne parvenait pas à capter une
fréquence sur place, a contribué à forger la légende. Reste à savoir si ces
interférences sont réellement naturelles ou si l’isolement extrême de la région
suffit à couper la radio.
Quoi qu’il en soit, le crash de la fusée américaine de 1970,
l’isolement du désert et les légendes locales ont propulsé la Zone du Silence au
rang de territoire mythique pour les phénomènes inexpliqués. Les récits impliquant des extraterrestres se multiplient. «Il existe de nombreuses histoires
d’aliens et d’objets volants non identifiés dans la Zone, expliquait en
2016 Geraldo Rivera, l’enquêteur qui s’intéressait aux ovnis sur le site. Les
gens s’y perdent souvent.»
Aujourd’hui, les passionnés d’ovnis continuent de s’aventurer
dans la région, à la recherche de formes de vie venues d’autres planètes. Certains
visiteurs repartent même avec des artefacts historiques ou naturels, ce qui
inquiète les responsables de la Réserve de biosphère de Mapimí, chargée de
protéger la zone et les espèces menacées.
Si les touristes scrutent le ciel à la recherche d’extraterrestres, les véritables merveilles de la Zone du Silence se trouvent
plutôt devant eux. Si vous vous rendez sur place, cherchez plutôt à observer la
tortue du Bolson, le plus grand reptile terrestre d’Amérique du Nord. Les
extraterrestres, eux, restent pour l’instant hors de portée.
Source:
www.slate.fr
