C’est le groupe Renault qui confirme, le 10 avril, la suppression de 15 % à 20 % de ses ingénieurs dans le monde d’ici à deux ans. Le fabricant de petit électroménager Seb, qui présente, en février, un plan d’économie menaçant 500 emplois en France, majoritairement dans sa recherche et développement (R&D). Chez les équipementiers automobiles, Bosch, qui ferme son bureau d’études de Vénissieux (Rhône), et Forvia, qui acte le départ de 38 personnes dans son bureau de Caligny (Orne). Ou encore Valéo, qui confirme avoir vendu son centre R&D à Saint-Quentin-Fallavier (Isère).
Autant de communiqués qui montrent que les restructurations et les délocalisations n’épargnent plus les postes très qualifiés d’ingénierie ou de recherche. « On a connu de nombreux PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] sur les sites de production, mais le bureau d’études, lui, n’avait jamais été touché. C’est plus qu’un choc, c’est une trahison », témoigne Choukri Errachidi, secrétaire CFDT du comité social et économique du site Bosch de Vénissieux.
« Des délocalisations d’ingénieurs, on n’en avait jamais vu ! », renchérit Olivier Deschamps, élu CFE-CGC chez Seb, alors que les postes supprimés à la R&D pourraient être partiellement délocalisés en Chine. « On se croyait à l’abri car, normalement, ce sont ces postes qualifiés qui restent, s’indignait encore auprès du Monde un ingénieur d’AGCO (machines agricoles), après l’annonce, fin 2024, d’une délocalisation en Inde d’un tiers des postes du bureau d’études. Qu’est-ce qu’on va dire à nos enfants pour l’avenir ? Fais des études et tu iras bosser en Inde ? »
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Source:
www.lemonde.fr
