Découverte de Gustave Fayet : la Fondation Louis Vuitton consacre une présentation à ce figure méconnue qui a exercé simultanément les activités de collectionneur et de créateur. L’accrochage associe des chefs-d’œuvre issus de sa collection personnelle à près de 350 objets signés de sa main, dessinant le portrait d’un homme d’atelier dont l’œuvre traverse les catégories habituelles des musées.
Artiste amateur au sens ancien du terme, Gustave Fayet s’est engagé dans des pratiques diverses : peinture, décoration d’intérieur, création de céramiques et de vitraux. Parmi les pièces présentées, les tapis occupent une place singulière : nés de ses aquarelles abstraites, ils traduisent une recherche de traduction entre le geste pictural et l’objet utilitaire. L’exposition met en regard ces créations originales avec des œuvres qu’il a collectionnées, permettant d’observer des filiations esthétiques et des choix de goût.
La mise en scène propose un angle de lecture centré sur la porosité entre arts décoratifs et arts dits « grands ». En montrant côte à côte objets créés et objets rassemblés par Gustave Fayet, le parcours questionne la hiérarchie des disciplines et l’histoire des pratiques artistiques hors des institutions académiques. Cette perspective trouve un écho dans les débats actuels sur la place des arts plastiques appliqués et sur la reconnaissance des créateurs polyvalents au sein des collections publiques.
Pour le public et les chercheurs, l’exposition constitue une occasion de reconstituer les liens entre production et collection chez un acteur discret mais prolifique. Les tapis, les études en aquarelle, les pièces en céramique et les vitraux exposés offrent un corpus homogène pour étudier des processus de création transversaux. En confrontant l’œuvre de Gustave Fayet aux pièces qu’il admirait, la Fondation propose une lecture documentée de son legs matériel et ouvre des pistes pour de nouvelles recherches sur les pratiques artistiques à la croisée des disciplines.

