La Chine a tellement restaure ces zones humides qu039une region

Dans le nord-est de la Chine, la province du Jilin connaît un spectaculaire retour des oiseaux migrateurs, conséquence directe d’importants efforts de restauration écologique, explique Asia News. Cette région, située au cœur du corridor migratoire Asie de l’Est-Australasie, voit désormais affluer des centaines d’espèces chaque printemps.

La transformation est telle que les autorités locales ont recensé au début du mois de mai plus d’un million d’oiseaux appartenant à 385 espèces différentes. Cette concentration exceptionnelle témoigne de l’attractivité croissante des habitats naturels restaurés dans la région et entraîne même une modification des comportements aviaires, certaines espèces rares y nichant désormais durablement.

Une modification profonde des comportements

La province de Jilin abrite de vastes zones humides essentielles pour les oiseaux migrateurs, qui y trouvent des sites de repos et de ravitaillement indispensables au cours de leurs longs déplacements. Ces milieux naturels jouent un rôle stratégique dans la survie de nombreuses espèces, mais ils sont extrêmement fragiles: ils dépendent d’un équilibre très fin entre l’eau, le sol et les êtres vivants qui les peuplent. L’activité humaine –agricole notamment– et le changement climatique qui en découle assèchent ces marais et ces tourbières.

De nombreuses espèces de plantes, d’amphibiens ou d’oiseaux ne peuvent vivre ailleurs et sont donc menacées de disparition dès que leur habitat naturel disparaît, d’où les efforts mis en place dans cette région pour tenter de sauvegarder tous ces écosystèmes. Au lac Boluo, dans le comté de Nong’an, les équipes de protection observent quotidiennement ces évolutions. Cette année, plus de 100 fuligules de Baer, une espèce rare, y ont été recensés, marquant une progression notable par rapport à l’année précédente.

Les conditions favorables –sécurité accrue et ressources alimentaires abondantes– incitent désormais certaines espèces à s’installer durablement, plutôt qu’à simplement faire escale. Ce changement de comportement illustre une amélioration significative de l’écosystème local. Un exemple marquant est celui des cigognes orientales. Pour la première fois, un couple a pondu quatre œufs dans la réserve et réussi à élever deux oisillons. Jusqu’ici, ces oiseaux se contentaient de traverser la région sans s’y reproduire.

Dans d’autres réserves du Jilin, les données de suivi confirment une augmentation continue du nombre et de la diversité des oiseaux. Au lac Chagan, par exemple, 37 espèces supplémentaires ont été recensées en une décennie, tandis que certaines populations rares sont en nette progression.

Ces résultats s’expliquent par des politiques de conservation ambitieuses: interdiction du pâturage, restauration des zones humides et gestion scrupuleuse des ressources en eau, encadrée par des équipes scientifiques. Aujourd’hui, plus de 40.000 hectares de lacs, rivières et marais ont été réhabilités, offrant un habitat idéal à de nombreuses espèces.


Source:

www.slate.fr