Larchitecture du monde numerique est soumise a des pressions environnementales

L’intensification des tensions autour du détroit d’Ormuz a naturellement dirigé l’attention vers les marchés pétroliers, mais une autre vulnérabilité stratégique est discrètement apparue : les câbles sous-marins, qui traversent le golfe Persique et acheminent une part considérable du trafic Internet mondial. Des responsables iraniens considèrent ces câbles comme un point faible de l’économie numérique régionale, ce qui rappelle aux gouvernements que la connectivité mondiale dépend d’infrastructures bien plus fragiles que la plupart des sociétés ne l’imaginent.

L’économie mondiale repose de plus en plus sur des systèmes largement invisibles pour le grand public : ces câbles sous-marins, mais aussi les satellites, les centres de données, les infrastructures cloud et les réseaux électriques. Pourtant, ces systèmes sont soumis à des pressions environnementales, géopolitiques et techniques croissantes. Un nombre grandissant d’experts estiment aujourd’hui que le monde sous-évalue la nouvelle catégorie de menaces systémiques que sont les risques numériques critiques.

Ces risques distincts des cybermenaces ne concernent pas les logiciels malveillants ou les vols de données, mais les perturbations physiques des infrastructures qui permettent aux systèmes numériques de fonctionner. Les tempêtes solaires, les ruptures de câbles, les collisions de satellites, les vagues de chaleur qui affectent des centres de données, les effets des séismes ou des coupures électriques sur le réseau mobile peuvent provoquer des défaillances en cascade au sein de sociétés fortement interconnectées.

Plusieurs événements illustrent cette vulnérabilité. En 2015, la rupture de deux câbles sous-marins a privé le Pakistan de plus de 80 % de sa bande passante Internet internationale pendant plusieurs jours. En 2022, une tempête géomagnétique pourtant modérée a conduit SpaceX à perdre une quarantaine de satellites Starlink peu après leur lancement. La même année, des vagues de chaleur record au Royaume-Uni ont perturbé les systèmes de refroidissement de centres de données de Google et d’Oracle près de Londres.

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Source:

www.lemonde.fr