L’Américaine Doris Fisher cofondatrice de Gap, à voulu rendre le shopping plus « simple », avec des vétéments soignés mais décontractés, et de nombreuses cabines d’essayage. Elle laisse en héritage une marque à l’image classique, peut-être un peu trop.
Doris Fisher, fondatrice avec son mari de la marque américaine de prêt-à-porter Gap en 1969, est décédée samedi 2 mai après avoir révolutionné la façon de vendre des vêtements.
Doris Fisher « s’est éteinte paisiblement à San Francisco, entourée de sa famille, à l’âge de 94 ans », a indiqué lundi le groupe dans un communiqué, précisant qu’elle laissait trois enfants, dix petits-enfants et 13 arrière-petits-enfants.
Les grands destins partent parfois d’une étincelle: cette diplômée de Stanford a créé The Gap (« le fossé ») après une séance de shopping frustrante au cours de laquelle son mari Donald avait échoué à se trouver un jean. C’est elle qui trouve l’idée du nom, référence au fossé entre générations et à la jeunesse qu’elle espère séduire. Plus de 55 ans après, l’empire pèse 16 milliards de dollars.
Un magasin où l’on trouve toujours sa taille
« La philosophie de vente au détail des Fisher consistait à faciliter les achats en gardant les tailles bien organisées et les magasins bien approvisionnés, avec des pantalons et des chemises empilés en hauteur (…) et de nombreuses cabines d’essayage », souligne le New York Times.
Le concept est devenu incontournable. Pendant que son époux Don Fisher, décédé en 2009, gère les affaires, Doris impose un style et une image, à une époque où les femmes sont encore rares dans le monde des affaires. Elle est d’abord directrice des achats jusqu’en 2003, puis membre du conseil d’administration jusqu’en 2009.
Le jean, le t-shirt blanc, la veste de safari ou le sweat kaki: le prêt-à-porter soigné mais décontracté devient accessible à des prix modérés dans des points de ventes au cœur des centre-villes américains.
Néanmoins, Gap n’échappe pas à la crise globale du prêt-à-porter et engage la fermeture de centaines de magasins et de nombreuses suppressions de postes, aux États-Unis comme en Europe.
La « gapisation » ou la banalisation d’un style
Dans les années 2010, l’entreprise fait face à de nombreuses difficultés, donnant naiassance à un néaologisme: la « gapisation ». Chez les financiers ou les analystes, ce terme décrit une marque, qui après avoir vendu des intemporels pendant des dizaines d’années, souffre d’une banalisation, comme le rapporte cet article du Figaro.
En 2020, Gap annonce la fermeture de la totalité de ses 120 magasins européens. En France, la filliale et ses points de vente, en grande difficulté ont été racheté successivement par Financière immobilière bordelaise, Go sport et enfin JD Sports.
Aujourd’hui encore, la famille Fisher est très impliquée dans l’entreprise, détenant une part importante du capital. Les trois fils du couple continuent de gérer l’entreprise.
En parallèle de son activité, le couple Fisher s’engage dans de multiples projets philanthropiques. Riche d’une colossale collection privée d’art moderne et contemporain, il confie en 2009 plus de 1.100 œuvres au San Francisco Museum of Modern Art.
Doris s’engage aussi dans un réseau d’écoles publiques visant à créer des opportunités pour les élèves défavorisés. Au lieu de fleurs, la famille a demandé des dons à ces projets philanthropiques.
Source:
www.bfmtv.com
