Bruxelles (Brussels Morning Newspaper) – Les États membres de l’UE peuvent choisir parmi trois options pour financer les besoins de l’Ukraine, la plus efficace étant un prêt de réparation adossé à des actifs russes immobilisés, selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, jeudi.
Les ministres des Finances de l’UE se réunissent ce matin à Bruxelles pour examiner les plans économiques et financiers du bloc, notamment la question de plus en plus urgente du financement de l’Ukraine.
Dans un discours devant le Parlement européen, von der Leyen a ouvertement présenté diverses options pour financer les efforts de guerre de l’Ukraine dans les années à venir.
Quelles options de financement l’UE a-t-elle proposées pour l’Ukraine ?
Von der Leyen a déclaré que l’utilisation des avoirs russes gelés
« C’est le moyen le plus efficace de soutenir la défense et l’économie de l’Ukraine. Et le moyen le plus clair de faire comprendre à la Russie que le temps ne joue pas en son faveur. »
Elle a déclaré dans un discours au Parlement européen que l’UE pourrait également utiliser la « marge » de son budget pour lever des capitaux ou parvenir à un accord avec les États membres pour le faire individuellement.
« La troisième option consiste à accorder un prêt de réparation basé sur les actifs russes immobilisés. Nous accordons un prêt à l’Ukraine – que l’Ukraine rembourse si la Russie paie les réparations ».
dit-elle.
« C’est le moyen le plus efficace de soutenir la défense et l’économie de l’Ukraine. »
Quelles alternatives existent en cas d’échec du plan de gel des avoirs ?
L’UE pourrait emprunter conjointement des fonds pour l’Ukraine si son projet de restitution des avoirs russes gelés ne progresse pas. Si le plan sur les actifs ne se concrétise pas, von der Leyen a suggéré d’émettre une dette commune de l’UE qui serait finalement remboursée par les capitaux nationaux.
Les institutions européennes visent à exploiter les actifs de l’État russe détenus en Europe pour soutenir un prêt de réparation de 140 milliards d’euros à l’Ukraine. Cependant, la Belgique s’est opposée à cette approche, ce qui a incité l’exécutif européen à proposer des options alternatives.
Quels risques juridiques la Belgique craint-elle du fait de ce projet ?
Selon certaines informations, la Belgique est confrontée à des enjeux importants car elle héberge Euroclear, la société financière qui gère la plupart des actifs immobilisés, et l’on craint que l’initiative n’introduise des risques juridiques et financiers.
La Belgique, où est basée Euroclear, se considère responsable si un procès russe contre la société aboutit. Il demande aux gouvernements de l’UE de s’engager à fournir les fonds nécessaires à la restitution des avoirs à Moscou dans un délai de trois jours si un tribunal décide qu’ils doivent être restitués.
Les responsables du gouvernement européen affirment que, même si cela était probablement inutile, mobiliser plus de 100 milliards d’euros en trois jours constituerait un défi de taille pour l’UE. La Belgique a demandé à la Commission d’établir un cadre juridique solide pour l’ensemble de l’opération afin de réduire le risque de perdre un procès. En outre, elle a exhorté les autres pays de l’UE dont les avoirs russes sont gelés à participer au système de partage des responsabilités.
