Marie Myriam : ce restaurant dans le 20ème arrondissement de Paris qu’elle a repris à ses parents

Ce 7 mai 2026 marque une date importante pour la chanteuse Marie Myriam. Il y a près d’un demi-siècle, le 7 mai 1977, la jeune artiste remportait avec 136 points le Concours Eurovision de la chanson.

C’était à Wembley, en Angleterre. La star avait offert à la France une victoire devenue mythique avec L’Oiseau et l’Enfant. Un exploit rarement égalé depuis.

Derrière cette carrière musicale emblématique se cache pourtant une autre histoire, plus intime : celle d’un restaurant familial niché dans le 20e arrondissement de Paris.

Née le 8 mai 1957 à Luluabourg, au Congo belge, Myriam Lopes Elmosnino, devenue Marie Myriam, a grandi entre plusieurs cultures. Arrivée à Paris enfant, elle voit ses parents transformer un modeste hôtel en un lieu chaleureux : un restaurant portugais baptisé Le Ribatejo. Un établissement qui deviendra, bien des années plus tard, une pièce centrale de sa vie.

Le Ribatejo : berceau d’une vocation artistique

Dans le quartier populaire de la rue Planchat, le Ribatejo n’était pas qu’un simple restaurant. C’était un véritable lieu de vie, où se mêlaient cuisine portugaise, musique et rencontres. Chaque soir, des artistes venaient y interpréter du fado, plongeant les clients dans une ambiance authentique et chaleureuse.

C’est dans ce décor que la jeune Marie Myriam fait ses premiers pas, observant et rêvant. Un jour, un client particulier franchit la porte : le compositeur Jean-Paul Cara. Une rencontre décisive. « Elle avait quelque chose dans la voix, une émotion rare », dira-t-on plus tard. Ce moment marque le début d’un parcours artistique exceptionnel.

Le restaurant devient ainsi bien plus qu’un commerce : il incarne les racines familiales et le point de départ d’une ascension musicale. Entre les tables et les mélodies, la future gagnante de l’Eurovision forge son identité artistique.

L’Auberge de Marie : une reconversion fidèle à ses origines

Des années après son triomphe et une carrière riche, Marie Myriam fait un choix surprenant : revenir à ses origines. En 2002, elle reprend le restaurant familial, qu’elle rebaptise L’Auberge de Marie. Un retour aux sources assumé, guidé par l’envie de préserver un héritage.

Dans cet établissement du 20e arrondissement, elle propose une cuisine traditionnelle : morue grillée, cataplana de fruits de mer, ou encore gambas. L’ambiance reste fidèle à l’esprit d’origine, mêlant convivialité et culture portugaise. Le lieu attire une clientèle fidèle, séduite par son authenticité.

Le soir, l’ambiance change : musique, danse et chants prolongent les repas jusque tard dans la nuit. « C’était un endroit où l’on venait autant pour manger que pour partager », se souviennent certains habitués. Marie Myriam y consacre du temps, loin des projecteurs, assumant pleinement cette double vie entre scène et restauration.

Un lieu chargé d’histoire aujourd’hui disparu

Malgré son succès et son attachement à ce lieu, Marie Myriam finit par céder L’Auberge de Marie en 2008. Le restaurant ferme quelques années plus tard, mettant fin à une aventure familiale de plusieurs décennies.

Situé au 6 rue Planchat, près du métro Buzenval, l’établissement reste dans les mémoires comme un lieu emblématique du quartier. Il avait su se faire une place dans plusieurs guides, preuve de sa qualité et de sa popularité. Mais au-delà de la gastronomie, c’est surtout son histoire humaine qui marque les esprits.

Pour la chanteuse, cette parenthèse représente une période particulière. Elle l’évoque avec émotion : « C’était une manière de rendre hommage à mes parents et à tout ce qu’ils avaient construit ». Une expérience qui témoigne de son attachement profond à ses racines.

Aujourd’hui, si le restaurant n’existe plus, son souvenir reste indissociable de l’histoire de Marie Myriam. Entre succès international et héritage familial, l’artiste incarne une trajectoire singulière, où la musique et la transmission se répondent.

À l’heure où l’on célèbre encore son triomphe à l’Eurovision, une autre facette de sa vie mérite d’être rappelée : celle d’une femme qui, loin des scènes internationales, a su faire vivre un lieu chargé d’âme, au cœur de Paris.

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www.public.fr