Marine Le Pen annonce l'abrogation de la loi SRU et place le logement au centre de son projet

Marine Le Pen a déclaré lors de son discours de rentrée à Hénin-Beaumont que le logement figurerait parmi «un des grands chantiers» de son quinquennat. Invitée à préciser ses intentions, la cheffe du Rassemblement national a promis que la loi SRU, qui impose un quota de 25 % de logements sociaux dans certaines communes, «Elle sera abrogée, purement et simplement».

La loi SRU, adoptée en 2000, fixe des objectifs de mixité sociale et oblige des collectivités à atteindre un pourcentage de logements sociaux sous peine de sanctions financières. En proposant son abrogation, la candidate soulève des questions sur le pilotage national de la politique du logement et sur les instruments juridiques et financiers qui permettent de répartir l’offre entre territoires urbains et périurbains.

Sur le plan opérationnel, la suppression de cette contrainte légale entraînerait un besoin de réviser l’architecture législative et réglementaire qui encadre la construction et l’attribution de logements sociaux. Toute modification d’une loi d’envergure nationale suppose l’adoption de nouveaux textes au Parlement et une redéfinition des mécanismes de solidarité entre communes. Les débats à venir porteront sur les moyens de maintenir l’accès au logement pour les ménages modestes ainsi que sur l’impact pour les collectivités qui ont engagé des projets d’aménagement en lien avec les objectifs actuels.

La prise de position place le Rassemblement national au cœur d’un dossier sensible pour les élus locaux et les acteurs du secteur immobilier. Dans les semaines qui viennent, la proposition d’abrogation devrait alimenter les discussions politiques et techniques autour du modèle français de mixité sociale et des priorités en matière de logement, sous l’angle des conséquences concrètes pour les communes et les familles concernées.

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Par Samuel Dervaux

Samuel Dervaux est journaliste seychellois, spécialiste des enjeux climatiques, des politiques maritimes et des transformations géopolitiques de l’océan Indien.