Xavier Bertrand rassemble ses soutiens et entretient l’option 2027

Xavier Bertrand accélère son travail politique en vue de la présidentielle 2027. Le président des Hauts-de-France a réuni vendredi ses proches lors d’une séance de travail organisée à huis clos au Sénat. Sans annonce officielle de candidature, cette rencontre confirme la volonté de l’ancien ministre de maintenir ouverte une trajectoire nationale et de structurer un cercle de responsables capables de l’accompagner dans la durée.

Le rendez-vous intervient dans une séquence où la compétition pour 2027 reste largement en formation. La succession à l’Élysée sera ouverte, le chef de l’État ne pouvant briguer un troisième mandat consécutif. À droite, l’enjeu dépasse le choix d’un nom : il porte aussi sur la ligne politique, la méthode de rassemblement et la capacité à parler au-delà des électorats traditionnels. Dans ce cadre, Xavier Bertrand met en avant un profil d’élu exécutif régional, construit sur une implantation locale et une expérience gouvernementale.

Son parcours présidentiel précédent pèse encore dans les mémoires politiques. Avant 2022, il avait tenté d’imposer une candidature fondée sur son ancrage territorial, avant de participer au processus de sélection de Les Républicains, finalement remporté par Valérie Pécresse. Cette étape avait montré les difficultés d’articulation entre une démarche personnelle et les mécanismes partisans. La réunion de vendredi s’inscrit dans une logique différente : installer un travail collectif, tester des relais et maintenir un niveau d’organisation compatible avec une campagne longue.

Le choix du Sénat n’a pas valeur de soutien institutionnel, mais il donne à la rencontre un cadre politique identifié. La chambre haute demeure un lieu central pour de nombreux élus locaux, notamment dans les équilibres de la droite et du centre. Pour un responsable régional comme Xavier Bertrand, la consolidation d’un réseau d’élus, de parlementaires et de soutiens politiques constitue une étape essentielle avant toute clarification publique. Elle permet aussi de mesurer les convergences possibles sans enfermer immédiatement la démarche dans une procédure de désignation.

À ce stade, aucun calendrier de candidature n’a été rendu public. L’ancien ministre conserve donc une marge de manœuvre, tout en envoyant un signal à ses soutiens : la préparation de 2027 ne peut attendre l’ouverture officielle de la campagne. La réunion à huis clos marque moins un lancement qu’une mise en ordre de bataille progressive, destinée à vérifier si un espace politique peut se construire autour de son nom.

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Par Samuel Dervaux

Samuel Dervaux est journaliste seychellois, spécialiste des enjeux climatiques, des politiques maritimes et des transformations géopolitiques de l’océan Indien.