Defense

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Le groupe amphibie et l’unité expéditionnaire maritime (ARG/MEU) constituent la formation la plus flexible et la plus efficace du pays pour projeter la puissance depuis la mer. Trois navires, transportant une équipe interarmes de 2 200 Marines, manœuvrent en tant que territoire souverain des États-Unis partout dans le monde. Ils répondent en quelques heures, pas en semaines. Ils peuvent envoyer des Marines à terre sans dépendre des ports, des aérodromes ou de l’autorisation d’un autre pays. Ils apportent le commandement et le contrôle, l’aviation, les incendies, la logistique et un bataillon d’infanterie renforcé, le tout depuis la mer, prêt à se battre dès son arrivée.

Malgré la valeur prouvée de la MEU dans la conduite de la guerre et la dissuasion – et sa puissance de combat croissante dans le cadre de notre initiative de conception de force – la capacité expéditionnaire maritime de notre pays s’est progressivement érodée. Aujourd’hui, nous sommes assis devant 32 navires amphibies, atteignant à peine le plancher mandaté par le Congrès. Avec un niveau de préparation des navires amphibies inférieur à 50 pour cent, nous sommes bien en deçà de ce qui est nécessaire pour soutenir trois ARG/MEU déployés de manière cohérente vers l’avant. Le Corps des Marines a identifié cette lacune depuis des années, et les dirigeants du ministère de la Marine agissent désormais de toute urgence pour stabiliser la flotte et stimuler les investissements dans la base industrielle de construction navale militaire.

En tant que commandant, je comble ce déficit de capacité amphibie grâce à deux initiatives décrites dans mon guide de planification. Premièrement, nous devons restaurer notre capacité amphibie grâce à un retour à une présence ARG/MEU de 3,0 : trois MEU avancées, chacune avec trois navires de guerre amphibies, positionnés de manière persistante autour du globe. Cela a longtemps été la norme, et cela reste l’étoile polaire du Corps des Marines. Nos commandants combattants, la Force conjointe et nos dirigeants civils comptent sur ces formations pour faire campagne, dissuader et répondre sans délai et sans aucune autorisation nécessaire d’un tiers pour y accéder, s’établir ou survoler.

Deuxièmement, nous modernisons la MEU grâce à la conception des forces, en veillant à ce qu’elle évolue au rythme du caractère changeant de la guerre. Tout comme nos régiments du littoral marin bénéficient de tirs à longue portée, d’un commandement et d’un contrôle résilients, de systèmes sans pilote et de réseaux de détection avancés, ces mêmes capacités sont déployées dans l’ensemble des MEU, renforçant ainsi leur rôle de force maritime flexible et multidomaine.

Une force nécessaire pour une nation maritime

Depuis 250 ans, les Marines ont été les premiers à se battre, se rapprochant de l’ennemi, défendant notre nation, toujours en avant, toujours prêts et souvent depuis la mer. Notre philosophie guerrière durable reflète la vérité fondamentale selon laquelle la nature de la guerre ne change pas – mais la nature de la guerre change – et la façon dont nous combattons doit également changer.

Après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’une nouvelle ère de tension mondiale prenait forme, la nation avait besoin d’une force capable de réagir rapidement et d’opérer sans attendre les ports, les bases ou l’autorisation. Cette exigence est devenue évidente dans les premières années de la guerre froide, lorsque la Marine et le Corps des Marines ont été invités à contrer des adversaires dotés de l’arme nucléaire, des points chauds dispersés et des menaces sans préavis. La logique derrière la conception de la MEU était opérationnelle dès le départ : construite pour être prête dès maintenant, pour manœuvrer depuis la mer, pour projeter la puissance à l’intérieur des terres et pour façonner le combat avant qu’il ne commence.

L’avènement des armes nucléaires a remodelé notre approche des opérations amphibies. Ce qui a fonctionné à Okinawa ou à Inchon a dû être repensé face à une menace qui punissait la masse et la prévisibilité. Le Corps a répondu en développant de nouvelles façons de venir depuis la mer sans limiter l’assaut à une tête de pont étroite. L’enveloppement vertical a été ajouté à l’assaut sur la plage, élargissant l’espace de manœuvre et donnant plus d’options aux commandants.

Pour soutenir cette nouvelle approche, le Corps des Marines a restructuré ses forces déployées vers l’avant. Le transport par voilure tournante, l’appui-feu fourni par l’aviation et la logistique intégrée ont donné naissance au concept de la Marine Air-Ground Task Force : une formation intégrée qui pouvait lancer depuis la mer, atterrir à l’intérieur des terres et combattre immédiatement. À la fin des années 1980, les formations MAGTF appelées MEU opéraient régulièrement de la Méditerranée au Pacifique occidental. Ils n’étaient pas gardés en réserve. Ils ont été déployés vers l’avant.

Pendant la guerre froide, la valeur de la MEU a été reconnue dans les plans de guerre opérationnels. L’un des exemples les plus clairs se trouve dans le Grand Nord. Si les forces soviétiques pénétraient en Norvège, une MEU embarquée à bord d’un navire amphibie atterrirait dans les fjords pour renforcer les défenseurs norvégiens et contrer l’infanterie navale soviétique le long des flancs. Ce n’était pas une théorie, elle était étayée par un équipement prépositionné, répétée dans des exercices comme Teamwork et Northern Wedding, et respectée par les planificateurs soviétiques qui ont été contraints de se prémunir contre cette théorie.

La logique opérationnelle qui a validé le MEU dans le passé reste tout aussi pertinente aujourd’hui. Cela crée des problèmes que les adversaires ne peuvent ignorer à un coût que la nation peut supporter : transformer les rivages en points d’entrée, projeter la puissance à l’intérieur des terres et transformer l’accès maritime en puissance de combat pour la Force conjointe. Déployé à l’avant en mer, l’ARG/MEU dissuade en refusant l’espace de décision à l’adversaire, en façonnant l’environnement en notre faveur et en introduisant des risques avant le début du conflit. Sa posture maniable lui confère à la fois capacité de survie et crédibilité au combat. Et il reste capable d’opérer de manière indépendante, de s’intégrer à la flotte ou de renforcer ses alliés, empêchant ainsi une escalade et, si nécessaire, se déplaçant rapidement au combat.

Vers un MY moderne

À mesure que le caractère de la guerre continue d’évoluer, sous l’impulsion d’un monde connecté et des progrès rapides de la technologie, les combats de demain seront plus connectés et plus meurtriers. Le succès dépendra de la vitesse, de la précision et de l’adaptabilité dans un espace de combat riche en capteurs et disputé dans tous les domaines.

Force Design, lancé en 2019, reste le cadre du Corps des Marines pour s’adapter au caractère changeant de la guerre dans nos MEU, Marine Expeditionary Brigades, Marine Expeditionary Forces et Marine Littoral Regiments. Il est guidé par une campagne d’apprentissage qui affine la manière dont nous dotons, entraînons et équipons la force pour dissuader les agressions et combler les lacunes dans un combat contesté dans plusieurs domaines. Cet apprentissage est le moteur des initiatives de modernisation de Force Design. La mise en œuvre technologique qui a commencé avec les Marine Littoral Regiments progresse désormais dans les MEU et dans l’ensemble du Corps, façonnée par l’expérimentation, les opérations du monde réel et l’intégration de tirs à longue portée, de C2 résilients et de systèmes sans pilote. Ces avancées permettent aux MEU de fonctionner comme des éléments de manœuvre agiles basés en mer, capables de détecter, de tirer et de soutenir la force conjointe de la mer au rivage.

La MEU reste une équipe interarmes déployée à l’avant : suffisamment légère pour se déployer rapidement, mais suffisamment puissante pour frapper au-dessus de son poids. Sa puissance de combat repose sur trois avantages fondamentaux : des tirs de précision, un commandement et un contrôle adaptables et une capacité de survie améliorée. Lorsqu’elle est armée de HIMARS, de NMESIS, de munitions rôdantes et soutenue par la fusion de capteurs F-35B de cinquième génération, la MEU produira des effets dans des zones que d’autres formations ne peuvent pas atteindre. Son élément de commandement est déjà optimisé pour servir de plateforme agile pour les opérations multidomaines en intégrant des effets cinétiques et non cinétiques, des capteurs et des décideurs dans tout l’espace de combat. Les futurs nœuds C2 dispersés, les plates-formes sans pilote et les capacités de fabrication avancées renforceront sa capacité à manœuvrer, à maintenir et à s’adapter sous pression.

Accéder à un ARG/MEU 3.0

La modernisation ne suffit pas. Les capacités avancées n’ont d’importance que si nous pouvons les faire avancer, à temps et là où se déroule le combat. Le MEU évolue pour répondre aux demandes de demain, mais pour réaliser son plein potentiel, il faut disposer d’une flotte capable de le soutenir. C’est l’un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

Le problème est la capacité. En 1991, la flotte comptait plus de 60 navires de guerre amphibies, soit suffisamment pour maintenir une présence mondiale et renforcer les plans de guerre sur plusieurs théâtres. Mais alors que la nation se concentrait sur de longues campagnes terrestres au Moyen-Orient, la flotte amphibie perdit la priorité. En 1997, ce nombre était tombé à 40, et en 2016, il n’était plus que de 31. Aujourd’hui, la flotte amphibie compte 32 navires dont le taux de préparation moyen oscille autour de 45 %. Les chantiers navals sont mis à rude épreuve, les délais avancent et les coques vieillissent plus vite que nous ne pouvons les remplacer.

Pour maintenir une présence ARG/MEU de 3,0, il faudra 31 navires amphibies à 80 % de préparation. Le récent achat du bloc LHA/LPD constitue un pas dans la bonne direction, mais nous devons continuer sur cette lancée. Le Corps des Marines travaille en étroite collaboration au sein de l’establishment de la défense au sens large pour entretenir la flotte, améliorer l’état de préparation et créer les conditions d’un avenir plus solide. Cet effort nécessitera une large coopération, des investissements soutenus et une urgence partagée entre le gouvernement américain, l’industrie et le ministère de la Guerre.

Conclusion

Le North Star du Corps doit rester une présence constante de 3,0 ARG/MEU : trois formations continues de trois navires de guerre amphibies déployées à l’avant : une depuis la côte Est, une depuis l’Ouest et une patrouillant depuis Okinawa, au Japon. (Si vous demandez à nos commandants combattants ce dont ils ont besoin, la réponse n’est pas un total de trois ARG/MEU ; c’est plus proche de cinq ou six.) 3,0 est le minimum requis pour fournir à notre nation et à la Force interarmées une capacité qui peut servir à la fois de formation de guerre et d’intégrateur interservices. C’est ce qui maintient la pression sur nos adversaires, soutient le combat maritime et offre aux commandants combattants et aux décideurs nationaux des options évolutives qu’ils peuvent utiliser sans délai pour gagner du temps, créer un espace de décision et, si nécessaire, être les premiers à combattre.

Pour l’instant, nous ne sommes pas à la hauteur. Chaque jour en dessous de cette barre coûte du temps, de l’espace et de l’initiative. L’ARG/MEU est plus qu’une simple formation de réponse aux crises, c’est la manière dont une nation maritime étend son influence, fait preuve de détermination et transforme sa capacité navale en action. Il reflète qui nous sommes en tant que service : avant-gardistes, agiles et prêts à se battre. Le monde et nos adversaires évoluent rapidement, et nous devons le faire aussi. Dans un espace de combat défini par l’accès, le timing, la capacité et le tempo, l’ARG/MEU se démarque : une formation qui atteint le combat sans compter sur une base ou une accumulation et qui apporte avec elle un MAGTF qui fournit une puissance de combat immédiate et des effets multi-domaines.

Ses capacités continuent d’évoluer. Sa demande de la part des commandants combattants ne cesse de croître. Mais une chose n’a pas changé : les Marines. Leur cohésion et leur détermination transforment les technologies émergentes en avantage sur le champ de bataille. Lorsqu’ils viennent de la mer, ils amènent du C2, des pompiers, de la logistique, de l’aviation et un bataillon d’infanterie renforcé, prêts à agir par la force avant que quiconque ne le puisse.

La MEU reste le lien entre la mer et la terre, la dissuasion et la décision, les campagnes quotidiennes et les combats de haut niveau. Ce qui a commencé comme une solution de guerre froide est depuis devenu une expression déployée vers l’avant de la détermination américaine.

Depuis 250 ans, les Marines se battent en avant, prêts à tout moment, souvent depuis la mer. Cet héritage perdure au sein de l’ARG/MEU : premiers au combat, mortels à l’arrivée et prêts à tout. Cette capacité unique reste la pierre angulaire de la force américaine qui garantit la paix. Il faut le maintenir.

Le général Eric Smith est le 39e commandant du Corps des Marines des États-Unis.

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