Sante mentale des preadolescents aux urgences de lhopital Robert Debre

Sur l’échelle des risques de passage à l’acte suicidaire, Léa (tous les prénoms ont été modifiés, pour préserver l’anonymat des mineurs), qui s’est présentée un lundi de mars, avec sa maman, aux urgences de l’hôpital pédiatrique Robert-Debré (Assistance publique – Hôpitaux de Paris, AP-HP), dans le Nord-Est parisien, semble cocher toutes les cases.

Elle a un « scénario » bien en tête, et même plusieurs : « Je pense à m’ouvrir les veines, à me pendre ou à me stranguler », souffle-t-elle, assise sur le lit d’auscultation du box numéro 3. Elle a aussi choisi son « moment » : « C’est ce soir, j’y pense tout le temps, même en dormant. » Deux réponses qui, pour les soignants, différencient les idées noires des idées suicidaires, et permettent d’évaluer la gravité de la crise.

Elisabeth, sa maman, vient appuyer le sentiment d’urgence : « Léa n’en peut plus, je la sens remplie de souffrance, de colère. Je pourrais l’inonder de mots d’amour, que ça ne suffirait pas… Regardez ses bras, ses cuisses [recouverts de cicatrices]. Elle est au max de ce qu’elle peut supporter, et moi aussi. »

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Source:

www.lemonde.fr