Washington intensifie sa tactique face à Iran : après l’impasse des pourparlers, l’administration américaine opterait pour un durcissement des mesures économiques afin d’accroître la contrainte sur Téhéran. C’est l’analyse formulée par Thierry Coville, chercheur spécialisé au sein de IRIS, qui observe une réorientation des moyens diplomatiques vers des leviers financiers et commerciaux pour faire revenir la partie iranienne à la table des négociations.
Le changement de cap se traduit par une focalisation sur des instruments non militaires : resserrement des sanctions, ciblage des flux financiers et pression exercée sur les partenaires commerciaux. Selon l’expert, cette approche est portée par la volonté de l’exécutif américain et par la figure politique de Donald Trump, qui favoriserait une stratégie de coercition économique plutôt qu’une relance exclusive du dialogue direct.
Ce basculement intervient dans un contexte régional fragile, où l’impasse diplomatique a sapé les mécanismes de confiance et rendu plus complexe la gestion des enjeux nucléaires et sécuritaires au Moyen-Orient. L’utilisation accrue de la contrainte économique a des conséquences possibles sur l’équilibre des alliances, sur la capacité des intermédiaires à jouer un rôle de médiation et sur la trajectoire des négociations multilatérales déjà fragilisées par des positions rigides des parties prenantes.
Aux yeux de l’analyste, l’issue dépendra de la combinaison entre pression externe et marges de manœuvre diplomatiques offertes à Téhéran : si la coercition intensifiée peut pousser vers des concessions, elle comporte aussi le risque d’enfermer les acteurs dans des postures de riposte. La suite exigera une coordination internationale accrue et une évaluation continue des effets réels des mesures économiques, pour éviter que la tentative de contrainte ne sape les perspectives d’un règlement négocié durable.

