Le conge climatique une piste pour adapter le travail

Qui n’a jamais vécu ce type de journée harassante où la température est tellement élevée qu’il devient quasiment impossible de bosser ? Ce n’est pas qu’on ne veut pas, mais juste que le corps ne suit pas, assommé par un dôme de chaleur qui transforme le cerveau en air fryer et fait suinter les bras comme des churros. Les périodes difficilement supportables, où le mercure monte au-delà du raisonnable, deviennent de plus en plus fréquentes, longues et intenses. Prenant en compte cette réalité du « dérèglement », la patronne des écologistes, Marine Tondelier, suggérait, à l’occasion du 1er-Mai, la création d’un congé climatique de cinq jours par an. Cette proposition s’inspire du modèle espagnol, qui, en novembre 2024, a adopté le principe d’un congé payé de quatre jours pour éviter les déplacements en cas d’alerte météo.

Comme le précisait Marine Tondelier sur son blog, il s’agit de faire évoluer le droit, « en assumant que le climat est désormais une condition de travail à part entière ». Selon un rapport d’Oxfam France publié en 2024, 36 % des travailleurs sont déjà exposés, chez nous, à des épisodes de chaleur extrême. Ce n’est pas seulement le kébabiste à côté de sa broche, l’artisan verrier, le couvreur sur le toit qui souffrent. Les écoles, les crèches, les hôpitaux, lorsqu’ils sont mal ventilés, peuvent se transformer en véritable fournaise. Lors de la canicule de 2019, la température aurait dépassé les 55 °C dans certains bus RATP. Durant l’été 2024, Santé Publique France enregistrait sept accidents du travail mortels possiblement en lien avec les fortes chaleurs, les chantiers s’avérant particulièrement létaux en pareilles circonstances.

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Source:

www.lemonde.fr