Luz, dessinateur rescapé de l’attaque meurtrière de 2015, a partagé le récit de son parcours personnel et professionnel après cet événement. Figure du dessin de presse, il revient sur les étapes qui l’ont conduit au cœur d’un journal satirique et sur une rencontre formatrice avec Cabu qui, selon lui, a joué un rôle déterminant dans son orientation artistique. L’entretien met en lumière la manière dont une trajectoire individuelle s’articule avec l’histoire collective d’une rédaction.
Après l’attaque de 2015, l’artiste a décrit une période d’isolement et de trouble intérieur, marquée par le poids des souvenirs et la nécessité de reconstruire une parole publique. Pour Luz, le retour au dessin n’a pas été immédiat : il a fallu composer avec un héritage traumatique tout en assumant la responsabilité de représenter, par le trait, des événements qui avaient déjà coûté la vie à des confrères. Ce travail sur soi s’est accompagné d’une réflexion sur la place du dessin satirique dans l’espace public.
La rencontre avec Cabu apparaît comme un point de bascule dans son récit : elle a offert un modèle, une manière d’aborder le dessin comme engagement esthétique et professionnel. Plus largement, le témoignage de Luz éclaire les conséquences de l’attaque pour la scène du dessin de presse en France et pour les dessinateurs qui ont dû repenser leur pratique. Le fait qu’un membre de cette communauté évoque ouvertement la difficulté à vivre l’après ajoute un élément essentiel à la mémoire collective autour de Charlie Hebdo.
Ce témoignage récent confirme l’intérêt persistant pour les récits de ceux qui ont été touchés par l’événement et la manière dont ils interrogent la liberté d’expression, le rôle des médias et la résilience artistique. En partageant son expérience, Luz contribue à nourrir le débat public sur la mémoire, la création et la manière dont le dessin peut porter à la fois la douleur et la réflexion collective.

