Une coopération affichée à Jérusalem
Le 1er septembre, Félix Tshisekedi a été reçu à Jérusalem par le président israélien Isaac Herzog. À l’issue de leur rencontre, le chef de l’État congolais a cité la sécurité et la formation parmi les domaines dans lesquels les deux pays souhaitent renforcer leur coopération, aux côtés de l’agriculture, de l’eau, de la santé et de l’investissement. Ces priorités sont rapportées dans le compte rendu de la présidence israélienne. Deux accords signés en juillet concernaient, pour leur part, la formation diplomatique et les consultations entre ministères des Affaires étrangères.
Des annonces à distinguer des livraisons d’armes
Dans le contexte de la guerre contre l’AFC/M23, les mots « sécurité » et « formation » peuvent nourrir de fortes attentes. Les communications officielles consultées ne précisent toutefois ni quantité d’armes livrées, ni calendrier de formation militaire, ni effet opérationnel sur le conflit. Affirmer qu’un partenariat a été discuté est fondé ; annoncer qu’il transforme déjà le rapport de force demanderait des preuves supplémentaires. Cette distinction compte d’autant plus que l’ONU décrivait encore, en juin, une coalition rebelle solidement implantée dans plusieurs zones de l’est de la RDC.
Le véritable test du partenariat
Pour Kinshasa, élargir ses partenariats peut ouvrir des possibilités diplomatiques et techniques. Pour les habitants du Kivu, le critère sera plus direct : une amélioration durable de leur sécurité. Les prochaines annonces devront donc être examinées sous trois angles précis : quels engagements sont signés, lesquels sont effectivement mis en œuvre et quels résultats peuvent être observés sur le terrain. C’est à cette condition que le rapprochement avec Israël pourra être évalué au-delà des images de la visite présidentielle.

