Elisabeth Borne quitte la direction de Renaissance quoten desaccord avec

« J’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance », a déclaré Élisabeth Borne, mercredi 6 mai, sur France Inter. L’ancienne Première ministre a déclaré être « en désaccord avec la ligne actuelle » du parti présidentiel, portée par le secrétaire général Gabriel Attal. Elle regrette que celle-ci ne soit « pas forcément débattue » en interne.

Elle a tout de même affirmé qu’elle resterait « simple adhérente » de Renaissance. « Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu’on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances. »

« J’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j’ai créée, ‘Bâtissons ensemble' », qui a vocation à « rassembler au-delà des partis », a-t-elle déclaré. Son livre, « Réveillons-nous ! » (Robert Laffont), sera publié jeudi.

Cette annonce survient, alors que Gabriel Attal s’active en vue de la présidentielle, multipliant les déplacements pour tenter de déloger Édouard Philippe de son rang de favori du bloc central pour la course à l’Élysée.

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En août 2024, Élisabeth Borne avait annoncé sa candidature à la tête du parti Renaissance. Quatre mois plus tard, elle renonçait à déposer sa propre liste, moyennant un accord avec Gabriel Attal, qui lui assurait la présidence du Conseil national, sorte de Parlement du parti.

Mais l’ancienne Première ministre, qui avait accueilli Gabriel Attal sur le perron de Matignon en janvier 2024, n’a jamais semblé adhérer à la démarche de son éphémère successeur, qui s’est emparé du parti sans l’accord de l’Élysée et dirige également le groupe macroniste à l’Assemblée nationale.

« Renaissance, ce n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal », avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche.

Un scepticisme déjà affiché

Interrogée sur ses propres ambitions pour la présidentielle de 2027, Élisabeth Borne a répondu mercredi que ce n’était « pas du tout le sens de (sa) démarche » et qu’elle voulait se concentrer sur des propositions.

Elle s’est aussi livrée à une « critique de méthode » d’Emmanuel Macron. Évoquant sa vision du rôle du président, elle a affirmé être opposée à un « pouvoir solitaire et un peu vertical ».

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Jean-Luc Mélenchon prend la parole lors d’un meeting de campagne électorale en faveur de Sébastien Delogu, candidat de La France Insoumise (LFI) à la mairie de Marseille, à Marseille, en France, le 7 mars 2026. © Philippe Magoni, AP

Quant à ses points de désaccord avec la ligne de Renaissance, elle a cité le « respect du droit international », du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle avait déjà affiché son scepticisme, voire son opposition à certaines mesures de fond annoncées par Renaissance, comme l’interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.

La députée du Calvados avait séché le discours de clôture du meeting d’Arras de Gabriel Attal en septembre 2025, comme un certain nombre de figures du parti, en désaccord avec sa prise de distance vis-à-vis d’Emmanuel Macron.

Elle n’était pas non plus présente lundi soir au bureau exécutif, qui a examiné les propositions de désignation du candidat du parti à l’élection présidentielle. Celles-ci – désignation du secrétaire général ou primaire interne – doivent être tranchées le 12 mai lors d’un Conseil national, instance qu’elle présidait.

« Elle aurait pu utiliser le Conseil national pour faire travailler des gens et venir challenger Gabriel avec des propositions de fond, elle ne l’a jamais fait », regrette une source proche du secrétaire général du parti.

Avec AFP


Source:

www.france24.com