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Les avocats sont passés maîtres dans l’art de défendre leurs causes, mais que se passe-t-il lorsque l’intelligence artificielle renverse le discours ?

Notre profession nous forme à défendre sans relâche. Nous pouvons argumenter n’importe quelle position de manière si convaincante qu’avec le temps, nous commençons à croire chaque mot que nous disons. Cette superpuissance gagne des affaires et des clients. Pourtant, dans notre propre tête, cela peut aussi nous enfermer dans des histoires qui érodent la confiance, mettent les relations à rude épreuve et alimentent l’épuisement professionnel.

C’est là que l’IA entre discrètement en scène, non pas comme une menace mais comme un miroir.

Étude de cas n°1 : Le patron contre le visionnaire

Un de mes clients était convaincu que son patron le sabotait. Il se considérait comme un stratège et un penseur global destiné au leadership. Son patron, à son avis, était un spécialiste de la microgestion qui réduisait les coûts enfoui dans les mauvaises herbes.

J’ai suggéré une variante : introduire la situation dans ChatGPT, mais du point de vue du patron.

La sortie a tout inversé. Du coup, il n’était plus un visionnaire négligé. Il a été décrit comme un sous-performant, résistant aux commentaires, prompt à blâmer et incapable de tenir ses promesses. C’était inconfortable à lire, mais cela a changé son état d’esprit. Il entra dans sa réunion suivante et ne vit pas un adversaire mais un manager réagissant à ses propres angles morts. Ce recadrage a fait passer la conversation de la confrontation à la collaboration.

Étude de cas n°2 : Le croisé contre l’organisation

Une autre cliente s’est sentie vilipendée par son organisation. Dans son esprit, elle était une dénonciatrice de principe qui défendait ce qui était juste tandis que d’autres gardaient le silence. Nous avons mené le même exercice et demandé à AI d’écrire l’histoire du point de vue de l’organisation.

Le récit qui en est ressorti donne à réfléchir. Elle a été décrite comme perturbatrice, peu collégiale et peu disposée à travailler dans les circuits établis. Ce n’était pas la vérité, mais c’était une version qui méritait d’être examinée. La lecture de son histoire par la voix de l’organisation a révélé pourquoi son message, bien que valable, tombait à plat. Elle a ajusté son ton, son calendrier et ses alliances, et les mêmes dirigeants qui résistaient autrefois à ses idées ont commencé à écouter.

Le super pouvoir caché de l’IA pour les avocats

Aucune des deux sorties de l’IA n’était parfaite. Ni l’un ni l’autre n’avait raison. Mais les deux offraient quelque chose de plus précieux que la validation : la clarté. Ces clients ont découvert que prendre du recul n’est pas un abandon ; c’est une stratégie. Il délivre :

• Assurance perspective contre les angles morts

• La confiance se réinitialise avant les conversations difficiles

• Des limites plus saines en traitant les récits en dehors de la rumination de minuit

• Clarté de carrière en comprenant comment les autres pourraient nous voir

Lorsqu’elle est utilisée de cette manière, l’IA devient un moteur d’empathie qui aide les avocats à examiner les hypothèses qui sous-tendent leurs arguments et à anticiper la manière dont ces arguments aboutissent.

Au-delà de l’efficacité : former des avocats résilients à l’IA

La plupart des conversations sur l’IA en droit se concentrent sur la rapidité : recherche plus rapide, rédaction plus rapide et facturation rationalisée. L’efficacité compte. Pourtant, l’avenir du droit n’appartient pas seulement à ceux qui automatisent mais à ceux qui intègrent l’humanité à la technologie.

Les avocats résilients à l’IA savent comment :

• Utiliser l’IA pour remettre en question leurs propres récits au lieu de les renforcer

• Renforcer l’intelligence émotionnelle et la confiance par la réflexion

• Communiquer l’utilisation de l’IA de manière transparente pour instaurer la confiance avec les clients et les collègues.

Il s’agit d’un développement professionnel à l’ère des algorithmes. Cela ne remplace pas le jugement ; ça l’aiguise.

Confidentialité et éthique : des garde-fous pour la curiosité

Chaque innovation amène de la prudence. Lorsqu’ils expérimentent l’IA, les avocats doivent protéger la confidentialité avec autant de soin que toute autre donnée client. Les outils publics d’IA doivent être traités comme des forums ouverts et non comme des fichiers fermés.

Voici quelques garde-corps pratiques :

• Anonymisation des entrées en supprimant les noms des clients, les détails du cas et les faits d’identification.

• Utilisation de modèles d’entreprise ou privés qui ne stockent ni ne s’entraînent sur vos invites.

• En appliquant la même optique de responsabilité professionnelle que vous utiliseriez avec n’importe quel fournisseur ; si vous ne souhaitez pas le partager dans un ascenseur, ne le collez pas dans ChatGPT.

• Documenter votre processus lorsque vous utilisez l’IA à des fins d’analyse ou de rédaction. La transparence renforce la confiance.

Maniés de manière réfléchie, ces outils peuvent coexister avec nos devoirs éthiques et même les renforcer en incitant les avocats à réfléchir de manière plus critique avant de prendre la parole ou d’envoyer.

Pourquoi c’est important

L’histoire la plus dangereuse qu’un avocat puisse raconter est celle qu’il ne remet jamais en question. L’IA rend le questionnement incontournable.

En invitant une seconde perspective, parfois inconfortable, nous troquons la certitude contre la perspicacité. C’est là que se produit la croissance. Les avocats qui apprennent à utiliser l’IA non pas comme un raccourci mais comme un moyen d’auto-contrôle se retrouveront en défenseurs plus clairs, plus calmes et plus efficaces.

L’IA ne nous rendra pas moins humains. Bien utilisé, il nous rendra plus conscients de nous-mêmes.

Brooke Loesby est une ancienne avocate de BigLaw et la fondatrice de Law Life Coach Inc. Elle aide les avocats à redéfinir le succès grâce à une stratégie de carrière, un coaching en leadership et des initiatives de bien-être.

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Cette chronique reflète les opinions de l’auteur et pas nécessairement celles de l’ABA Journal ou de l’American Bar Association.



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